Auteur

Victor Hugo

O multitude, obscure et facile au vainqueur, - \r\nDans l'instinct bestial trop souvent tu te vautres, - \r\nEt nous te résistons ! Nous ne voulons, nous autres, - \r\nAyant Danton pour père et Hampden pour aïeul, - \r\nPas plus d'un tyran Tous que du despote Un Seul.\r\n
Voici le peuple : il meurt, combattant magnifique, - \r\nPour le progrès ; voici la foule : elle en trafique ; - \r\nElle mange son droit d'aînesse en ce plat vil - \r\nQue Rome essuie et lave avec Ainsi-soit-il !
Voici le peuple : il prend la Bastille, il déplace - \r\nToute l'ombre en marchant ; voici la populace : - \r\nElle attend au passage Aristide, Jésus,\r\nZénon, Bruno, Colomb, Jeanne, et crache dessus.
Voici le peuple avec son épouse, l'idée ; - \r\nVoici la populace avec son accordée, - \r\nLa guillotine. Eh bien, je choisis l'idéal.
Voici le peuple : il change avril en Floréal, - \r\nIl se fait république, il règne et délibère. - \r\nVoici la populace : elle accepte Tibère. - \r\nJe veux la république et je chasse César. - \r\nL'attelage ne peut amnistier le char.
Le droit est au-dessus de Tous ; nul vent contraire - \r\nNe le renverse ; et Tous ne peuvent rien distraire - \r\nNi rien aliéner de l'avenir commun. - \r\nLe peuple souverain de lui-même, et chacun\r\nSon propre roi ; c'est là le droit. Rien ne l'entame.
Le monde est mort. Le peuple ? un âne qui se cabre ! - \r\nLa force, c'est le droit. Courbons-nous. Gloire au sabre !
La force, c'est le droit. Courbons-nous. Gloire au sabre !
Dévouer sa pensée, – permettez-moi de répéter ici solennellement ce que j'ai dit toujours, ce que j'ai écrit partout, ce qui, dans la proportion restreinte de mes efforts, n'a jamais cessé d'être ma règle, ma loi, mon principe et mon but ; – dévouer sa pensée au développement continu de la sociabilité humaine ; avoir les populaces en dédain et le peuple en amour
Dévouer sa pensée au développement continu de la sociabilité humaine ; avoir les populaces en dédain et le peuple en amour
Et, je le répète, on est populace en haut aussi bien qu'en bas. J'ai donc dit qu'il fallait aimer le peuple ; un plus sévère eût ajouté peut-être : et haïr la populace. Je me suis contenté de la dédaigner.
Ce que je ne dédaigne pas, monsieur, c'est la plainte d'un homme de coeur et de bonne foi, même quand il est injuste. Je cherche à l'éclairer : c'est pour moi un devoir de conscience.
Je n'ai pas dit : la populace, j'ai dit : les populaces. Dans ma pensée, ce pluriel est important. Il y a une populace dorée comme il y a une populace déguenillée ; il y a une populace dans les salons, comme il y a une populace dans les rues. À tous les étages de la société, tout ce qui travaille, tout ce qui pense, tout ce qui aide, tout ce qui tend vers le bien, le juste et le vrai, c'est le peuple ; à tous les étages de la société, tout ce qui croupit par stagnation volontaire, tout ce qui ignore par paresse, tout ce qui fait le mal sciemment, c'est la populace. En haut : égoïsme et oisiveté ; en bas : envie et fainéantise : voilà les vices de ce qui est populace. Et, je le répète, on est populace en haut aussi bien qu'en bas. J'ai donc dit qu'il fallait aimer le peuple ; un plus sévère eût ajouté peut-être : et haïr la populace. Je me suis contenté de la dédaigner.
Je n'ai pas dit : la populace, j'ai dit : les populaces. Dans ma pensée, ce pluriel est important. Il y a une populace dorée comme il y a une populace déguenillée ; il y a une populace dans les salons, comme il y a une populace dans les rues.
À tous les étages de la société, tout ce qui travaille, tout ce qui pense, tout ce qui aide, tout ce qui tend vers le bien, le juste et le vrai, c'est le peuple ; à tous les étages de la société, tout ce qui croupit par stagnation volontaire, tout ce qui ignore par paresse, tout ce qui fait le mal sciemment, c'est la populace. En haut : égoïsme et oisiveté ; en bas : envie et fainéantise : voilà les vices de ce qui est populace.
Mauvais éloge d'un homme que de dire : son opinion politique n'a pas varié depuis quarante ans. C'est dire que pour lui il n'y a eu ni expérience de chaque jour, ni réflexion, ni repli de la pensée sur les faits. C'est louer une eau d'être stagnante, un arbre d'être mort ; c'est préférer l'huître à l'aigle.
L'opinion d'un homme peut donc changer honorablement, pourvu que sa conscience ne change pas. Progressif ou rétrograde, le mouvement est essentiellement vital, humain, social.
Il n'y avait dans Blanqui rien du peuple, tout de la populace. Avec cela lettré, presque érudit.
Il y avait le Club des Coups de Tête, ainsi nommé parce qu'on y donnait des coups de tête aux gens. On avisait quelque portefaix à large poitrail et à l'air imbécile. On lui offrait, et au besoin on le contraignait d'accepter, un pot de porter pour se laisser donner quatre coups de tête dans la poitrine. Et là-dessus on pariait. Une fois, un homme, une grosse brute de gallois nommé Gogangerdd, expira au troisième coup de tête. Ceci parut grave. Il y eut enquête, et le jury d'indictement rendit ce verdict : « Mort d'un gonflement de coeur causé par excès de boisson ».
Il y avait le Fun Club. Fun est, comme cant, comme humour, un mot spécial intraduisible. Le fun est à la farce ce que le piment est au sel. Pénétrer dans une maison, y briser une glace de prix, y balafrer les portraits de famille, empoisonner le chien, mettre un chat dans la volière, cela s'appelle « tailler une pièce de fun. »
Il y avait le Fun Club. [...] Donner une fausse mauvaise nouvelle qui fait prendre aux personnes le deuil à tort, c'est du fun. C'est le fun qui a fait un trou carré dans un Holbein à Hampton-Court. Le fun serait fier si c'était lui qui avait cassé les bras à la Vénus de Milo.
Sous Jacques II, un jeune lord millionnaire qui avait mis le feu la nuit à une chaumière fit rire Londres aux éclats et fut proclamé roi du fun. Les pauvres diables de la chaumière s'étaient sauvés en chemise. Les membres du Fun Club, tous de la plus haute aristocratie, couraient Londres à l'heure où les bourgeois dorment, arrachaient les gonds des volets, coupaient les tuyaux des pompes, défonçaient les citernes, décrochaient les enseignes, saccageaient les cultures, éteignaient les réverbères, sciaient les poutres d'étai des maisons, cassaient les carreaux des fenêtres, surtout dans les quartiers indigents.
La terre n'est point sans ressemblance avec une geôle. Qui sait si l'homme n'est pas un repris de justice divine ?
Qui sait si l'homme n'est pas un repris de justice divine ? Regardez la vie de près. Elle est ainsi faite qu'on y sent partout de la punition.
Oui, devenir aïeul, c'est rentrer dans l'aurore. - \r\nLe vieillard gai se mêle aux marmots triomphants. - \r\nNous nous rapetissons dans les petits enfants. - \r\nEt, calmés, nous voyons s'envoler dans les branches - \r\nNotre âme sombre avec toutes ces âmes blanches.

Œuvres de Victor Hugo

A maman, Poème écrit le 27 septembre 1816.A propos de Shakespeare.Actes et Paroles (1875-1876)Actes et Paroles (1875-1876), Avant l'exilActes et Paroles (1875-1876), Avant l'exil, 2 mars 1848Actes et Paroles (1875-1876), III, XXII, Pour un soldat, février 1875Actes et Paroles (1875-1876), IV, Discours pour Voltaire, 30 mai 1878Actes et Paroles (1875-1876), Pendant l'exil, 24 février 1855Actes et paroles - Pendant l'exil (1875), 5 septembre 1870Amy RobsartAngelo, tyran de Padoue (1835)ApocrypheAprès l'hiverAristophaneAux membres du Congrès international pour l'avancement des sciences sociales, 22 septembre 1862.Aux élus de droite de la chambre des députés.Bug-Jargal (1826)Carnets, albums, journauxChoses vues (1849-1869)Choses vues (1849-1869), 1849