Œuvre
Actes et Paroles (1875-1876)
Quand la liberté rentrera, je rentrerai.
Une moitié de l'espèce humaine est hors de l'égalité, il faut l'y faire rentrer: donner pour contre-poids au droit de l'homme le droit de la femme.
Vous aurez dans l'avenir l'auréole auguste de la femme qui a protégé la Femme. Votre admirable oeuvre tout entière est un combat; et ce qui est combat dans le présent est victoire dans l'avenir.
Il y a une divinité horrible, tragique, exécrable, paienne. Cette divinité s'appelait Moloch chez les hébreux et Teutatès chez les celtes; elle s'appelle à présent la peine de mort.
Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne.
L'enfant doit être notre souci. Et savez-vous pourquoi? Savez-vous son vrai nom? L'enfant s'appelle l'avenir.
Faire le mal en voulant le faire, c'est la scélératesse, faire le mal sans vouloir le faire, c'est l'ignorance. La Commune, c'est l'ignorance. L'ignorance, c'est la grande plaie publique. De l'ignorance naît l'inconscience.
Les révolutions ont un besoin de liberté, c'est leur but, et un besoin d'autorité, c'est leur moyen. La convulsion étant donnée, l'autorité peut aller jusqu'à la dictature et la liberté jusqu'à l'anarchie.
Il n'y a qu'une nécessité, la vérité; c'est pourquoi il n'y a qu'une force, le droit.
Le droit incarné, c'est le citoyen; le droit couronné, c'est le législateur.
La civilisation tend invinciblement à l'unité d'idiome, à l'unité de mètre, à l'unité de monnaie, et à la fusion des nations dans l'humanité, qui est l'unité suprême.
Le premier besoin de l'homme, son premier droit, son premier devoir, c'est la liberté.
Qui dit frontière, dit ligature. Coupez la ligature, effacez la frontière, ôtez le douanier, ôtez le soldat, en d'autres termes, soyez libres ; la paix suit.
La liberté, c'est le but ; la paix, c'est le résultat.
Les véritables amis de l'ordre ont toujours été les plus sérieux amis de la presse.
On en viendra, espérons-le, à comprendre qu'une société est mal faite quand la femme est maintenue sans initiative.
Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité. Etre libre, rien n'est plus grave ; la liberté est pesante, et toutes les chaînes qu'elle ôte au corps, elle les ajoute à la conscience.