Œuvre

Les Châtiments (1853)

La Révolution leur criait: - Volontaires, - Mourez pour délivrer tous les peuples vos frères! - - Contents, il disaient oui.
L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme.
Le nom grandit quand l'homme tombe.
Tranquille, souriant à la mitraille anglaise, - La garde impériale entra dans la fournaise.
Waterloo! Waterloo! Waterloo! Morne plaine! - Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine. - Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons, - La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée.
S'il en demeure dix, je serai le dixième; - Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là!
Le peuple ? Un âne qui se cabre !
Ceux qui vivent sont ceux qui luttent.
Souvent le pain qui manque abrégeait son repas.
Vous insultez le juste abreuvé d'amertumes.
Debout! les régiments sont là dans les casernes, - Sac au dos, abrutis de vin et de fureur, - N'attendant qu'un bandit pour faire un empereur.
L'aube éveille le nid à l'heure accoutumée.
Car dans ce siècle ardent toute âme est un cratère, - Et tout peuple un volcan.
Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Dieu dénouera toute chaîne, - Car le passé se nomme haine. - Et l'avenir s'appelle amour.
L'opprobre est une lèpre et le crime une dartre.
L'ombre à l'horreur s'accouple, et le mauvais au pire.
Le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.
Le monde est mort. Le peuple ? un âne qui se cabre ! - \r\nLa force, c'est le droit. Courbons-nous. Gloire au sabre !
La force, c'est le droit. Courbons-nous. Gloire au sabre !