Je porte la victoire au coeur de mon désastre - Auriez-vous crevé les yeux de tous les astres - Je porte le soleil dans mon obscurité.
Ce qu'il m'aura fallu de temps pour tout comprendre - Je vois souvent mon ignorance en d'autres yeux.
On se croit libre alors qu'on imite.
Comme il a vite entre les doigts passé - Le sable de jeunesse - Je suis comme un qui n'a fait que danser - Surpris que le jour naisse - J'ai gaspillé je ne sais trop comment - La saison de ma force - La vie est là qui trouve un autre amant - Et d'avec moi divorce.
Les mots m'ont pris par la main.
Je préférais ne prendre rien à prendre une chose imparfaite.
Une femme c'est une porte qui s'ouvre sur l'inconnu.
Il est inutile de geindre - Si l'on acquiert comme il convient - Le sentiment de n'être rien - Mais j'ai mis longtemps pour l'atteindre.
Toute idée a besoin pour moi d'un contrepied - Je ne puis supporter les vérités admises.
Le poème a comme la vie un caractère d'insomnie.
Une femme c'est un portrait dont l'univers est le lointain - A Paris nous changions de quartier comme on change de chemise - De la femme vient la lumière et le soir comme le matin - Autour d'elle tout s'organise.
Quand les blés sont sous la grêle - Fou qui fait le délicat - Fou qui songe à ses querelles - Au coeur du commun combat.
C'est à la poésie que tend l'homme. Il n'y a de connaissance que du particulier. Il n'y a de poésie que du concret.
Rêves, rêves, rêves sur les lèvres de l'amour, sur les chiffres du bonheur, sur les sanglots de l'attention, sur les signaux de l'espoir, dans les chantiers où se résigne un peuple auprès des pioches.
Rêves, rêves, rêves, le soleil bleu des rêves enfin fait reculer les bêtes aux yeux d'acier vers leurs tanières.
Rêves, rêves, rêves, le domaine des rêves à chaque pas s'étend.
Mon amour, je t'attendrai sans fin à partir de six heures, demain comme toujours.
Quand on aime quelqu'un, on ne peut pas se retenir de le mordre.
Mon amour ce qui fut sera - Le ciel est sur nous comme un drap - J'ai refermé sur toi mes bras - Et tant je t'aime que j'en tremble - Aussi longtemps que tu voudras - Nous dormirons ensemble.
Il s'agit de savoir comment on gouvernera. Depuis toujours, il n'y a que deux méthodes: la force ou la ruse. Pour l'instant c'est la bagarre entre les marchands de force et les marchands de ruse.
L'amour, c'est d'abord sortir de soi-même.
Je peux bien dire qu'il fait beau - Même s'il pleut sur mon visage - Croire au soleil quand tombe l'eau.
Le soleil a toujours blessé les yeux de ses adorateurs.
Celui qui croyait au ciel - Celui qui n'y croyait pas - Tous deux adoraient la belle - Prisonnière des soldats - Lequel montait à l'échelle - Et lequel guettait en bas - Celui qui croyait au ciel - Celui qui n'y croyait pas.
Mon parti m'a rendu les couleurs de la France - Mon parti mon parti merci de tes leçons - Et depuis ce temps-là tout me vient en chansons - La colère et l'amour la joie et la souffrance - Mon parti m'a rendu les couleurs de la France.
Œuvres de Louis Aragon
Aimer à perdre la raison (1971) (Interprété par Jean Ferrat)Anicet ou le Panorama (1921)Art poétiqueAurélien (1945)Blanche ou l'OubliBlanche ou l'Oubli (1967)Bulletin Dada n° 6, matinée du 5 février 1920C'est si peu dire que je t'aime (1971) (Interprété par Jean Ferrat)Cantique à Elsa (1942)Chanson du siège de La RochelleChronique du bel cantoDans Le Monde, 13 septembre 1967.Dans Le Temps immobile, Tome VI de Claude Mauriac.ElsaEn français dans le texteEst-ce ainsi que les hommes viventFeu de joie (1919)Feu de joie (1919), SecousseHourra l'OuralIl n'y a pas d'amour heureux (1943)