Auteur

Louis Aragon

Oui je lis, j'ai ce ridicule. j'aime les beaux poèmes, les vers bouleversants et tout l'au-delà de ces vers. Je suis comme pas un sensible à ces pauvres mots merveilleux laissés dans notre nuit par quelques hommes que je n'ai pas connus. J'aime la poésie.
Tu vins au coeur du désarroi - Pour chasser les mauvaises fièvres - Et j'ai flambé comme un genièvre - A la Noël entre tes doigts - Je suis né vraiment de ta lèvre - Ma vie est à partir de toi.
Moi j'ai tout donné mes illusions - Et ma vie et mes hontes - Pour vous épargner la dérision - De n'être au bout du compte - Que ce qu'à la fin nous aurons été.
Comme il a vite entre les doigts passé - Le sable de jeunesse - Je suis comme un qui n'a fait que danser - Surpris que le jour naisse - J'ai gaspillé je ne sais trop comment - La saison de ma force - La vie est là qui trouve un autre amant - Et d'avec moi divorce.
Tu m'as trouvé comme un caillou que l'on ramasse sur la plage - Comme un bizarre objet perdu dont nul ne peut dire l'usage.
Les raisons d'aimer et de vivre - Varient comme font les saisons.
Soudain la vapeur se renverse - Toi qui croyais faire la loi - Tout existe et bouge sans toi.
Tout est affaire de décor - Changer de lit changer de corps - A quoi bon puisque c'est encore - Moi qui moi-même me trahis - Moi qui me traîne et m'éparpille - Et mon ombre se déshabille - Dans les bras semblables des filles - Où j'ai cru trouver un pays.
Le divin se recueille au fond d'une caresse.
Il n'est qu'amour qui vivre vaille.
Qu'on nous méprise et qu'on nous raille - Rien ni personne n'y peut faire - Il n'est qu'amour qui vivre vaille - Le coeur y brûle comme paille - Et fait paradis de l'enfer.
Il passait son temps à vérifier si on le volait. Il laissait pour cela aux endroits les plus divers, en vue, ou comme cachés négligemment sous des feuilles de papier, sous un gant, un journal, un franc, dix sous, enfin quelque monnaie.
Le matériel roulant peut n'être plus le même - Les vêtements venir d'un autre costumier - Le peuple c'est toujours le wagon de troisièmes - Qui s'en va cahotant tel que l'a vu Daumier.
Je n'ai plus que toi de chemin - J'ai mis mon coeur entre tes mains.
Il n'y a pas d'amour qui ne soit notre amour - La trace de tes pas m'explique le chemin - C'est toi non le soleil qui fais pour moi le jour.
Je comprends le soleil au hâle de tes mains - Le soleil sans l'amour c'est la vie au hasard - Le soleil sans l'amour c'est hier sans demain.
Tu me quittes toujours dans ceux qui se séparent - C'est toujours notre amour dans tous les yeux pleuré - C'est toujours notre amour la rue où l'on s'égare.
Je demande à ce que mes livres soient critiqués avec la dernière rigueur, par des gens qui s'y connaissent, et qui sachant la grammaire et la logique, chercheront sous le pas de mes virgules les poux de ma pensée dans la tête de mon style.
Paradis artificiels. C'est un pléonasme.
Bien écrire, c'est comme marcher droit.
Quand vous lisez ce que j'écris, ne l'oubliez pas, la vie est un langage, l'écriture un tout autre. Leurs grammaires ne sont pas interchangeables. Verbes irréguliers.
Le monde à bas, je le bâtis plus beau.
Le frisson d'autrefois revient dans mon absence - Et comme d'une main mon front est caressé - Le jour au plus profond de moi reprend naissance.
J'ai déchiré des pages et des pages - Dans le miroir j'ai brisé mon visage.
Je suis le prisonnier des choses interdites.

Œuvres de Louis Aragon

Aimer à perdre la raison (1971) (Interprété par Jean Ferrat)Anicet ou le Panorama (1921)Art poétiqueAurélien (1945)Blanche ou l'OubliBlanche ou l'Oubli (1967)Bulletin Dada n° 6, matinée du 5 février 1920C'est si peu dire que je t'aime (1971) (Interprété par Jean Ferrat)Cantique à Elsa (1942)Chanson du siège de La RochelleChronique du bel cantoDans Le Monde, 13 septembre 1967.Dans Le Temps immobile, Tome VI de Claude Mauriac.ElsaEn français dans le texteEst-ce ainsi que les hommes viventFeu de joie (1919)Feu de joie (1919), SecousseHourra l'OuralIl n'y a pas d'amour heureux (1943)