Auteur

Boris Cyrulnik

Le regard de l'autre n'est pas neutre. C'est une perception qui provoque une alerte émotive, une sensation d'invitation ou d'intrusion.
Dans l'histoire d'une vie, on n'a jamais qu'un seul problème à résoudre, celui qui donne sens à notre existence et impose un style à nos relations. On a tous les mêmes promesses développementales, mais pas tous les mêmes histoires.
Inventez une charlatanerie, n'importe laquelle, vous trouverez toujours des hommes qui diront que ça marche, tant notre besoin d'illusion est intense.
Toute vie est possédée. Double ensorcellement pour l'homme. Pas d'autre issue que de subir le biotope structuré par la nature, puis le milieu réglé par les récits des autres.
Etre seul, ce n'est pas être. Nous ne pouvons qu'être ensorcelés, possédés pour devenir nous-mêmes.
L'homme est deux fois ensorcelé: par l'évolution qui façonne son monde et suscite la pensée qui façonne son monde.
Les mères trop dévouées le sont presque toujours à cause de leur propre histoire: «je veux être une mère parfaite, tant j'ai peur de répéter ma mère qui m'a tant fait souffrir».
Satisfaire désespère, quand on se précipite.
On ne sait voir que ce que l'on a appris à voir.
Vivre dans le monde de la peur contraint à agir, alors que vivre dans le monde de l'angoisse contraint à comprendre et à parler.
Tout créateur sort de la norme. Toute innovation est anormale.
Quand tout vaut tout, rien n'a de valeur.
Un savoir non partagé humilie ceux qui n'y ont pas accès.
Le principal organe de la vision, c'est la pensée. On voit avec nos idées.
Eduquer, c'est conduire hors de soi.
Nous sommes tous nés deux fois : le jour de notre naissance biologique, dont nous n'avons aucun souvenir, et le jour de notre naissance à la conscience, que nous nous rappelons par définition.
Dans toute oeuvre d'imagination, il y a un récit de soi. Dans toute autobiographie, il y a un remaniement imaginaire.
Aucune histoire n'est innocente. Raconter, c'est se mettre en danger. Se taire, c'est s'isoler.
Le passé devient cohérent grâce à nos oublis et à nos remaniements affectifs.
Si nous devions traiter toutes les informations, rien de prendrait forme, nous serions confus. Pour avoir des idées claires, nous devons oublier.
La mémoire de soi est fortement liée aux cadres sociaux. Les histoires qu'on raconte dépendent de notre position sociale et des récits de la culture qui nous entoure.
Une vraie rencontre provoque une influence réciproque. Deux mondes intimes interagissent et chacun modifie l'autre.
Tout rêve d'avenir métamorphose la manière dont on éprouve le présent.
Qu'elle soit collective ou individuelle, la mémoire est intentionnelle: elle va chercher dans le passé les faits qui donnent forme à ce qu'on éprouve au présent.
Les êtres humains sont passionnants parce que leur existence est folle.

Œuvres de Boris Cyrulnik

Autobiographie d'un épouvantail (2008)Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne).De Chair et d'Ame (2006)De la parole comme d'une molécule (1995)Ivres paradis, bonheurs héroïquesL'Education, mai 2001.L'Ensorcellement du monde (1997)Le Courrier de l'Unesco, novembre 2001.Le Monde de l'éducation n° 292, mai 2001.Le Murmure des fantômes (2003)Les Nourritures affectives (1993)Les Vilains Petits Canards (2001)Les âme blessées (2014)Mourir de dire : La honte (2010)Mourir de dire : La honte (2010)Mourir de dire: La honte (2010)Mémoire de singe et paroles d'homme (1983)Sauve-toi, la vie t'appelle (2012)Si les lions pouvaient parler. Essais sur la condition animale (1998)Sous le signe du lien (1989)