Dans toute oeuvre d'imagination, il y a un récit de soi. Dans toute autobiographie, il y a un remaniement imaginaire.

À lire aussi de Boris Cyrulnik

Seuls les mythes composent des récits déterministes. Dans le réel chaque rencontre est une bifurcation possible.
Le regard de l'autre n'est pas neutre. C'est une perception qui provoque une alerte émotive, une sensation d'invitation ou d'intrusion.
Nous devrions réfléchir un peu plus à la manière dont nous avons peur aussi de nos enfants tout en vivant dans une culture qui prétend toujours les protéger.
Les mères trop dévouées le sont presque toujours à cause de leur propre histoire: «je veux être une mère parfaite, tant j'ai peur de répéter ma mère qui m'a tant fait souffrir».
Si nous devions traiter toutes les informations, rien de prendrait forme, nous serions confus. Pour avoir des idées claires, nous devons oublier.
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Dans la même œuvre

Aucune histoire n'est innocente. Raconter, c'est se mettre en danger. Se taire, c'est s'isoler.
Le passé devient cohérent grâce à nos oublis et à nos remaniements affectifs.
Si nous devions traiter toutes les informations, rien de prendrait forme, nous serions confus. Pour avoir des idées claires, nous devons oublier.
La mémoire de soi est fortement liée aux cadres sociaux. Les histoires qu'on raconte dépendent de notre position sociale et des récits de la culture qui nous entoure.
Une vraie rencontre provoque une influence réciproque. Deux mondes intimes interagissent et chacun modifie l'autre.