Œuvre
L'Ensorcellement du monde (1997)
Inventez une charlatanerie, n'importe laquelle, vous trouverez toujours des hommes qui diront que ça marche, tant notre besoin d'illusion est intense.
Toute vie est possédée. Double ensorcellement pour l'homme. Pas d'autre issue que de subir le biotope structuré par la nature, puis le milieu réglé par les récits des autres.
Etre seul, ce n'est pas être. Nous ne pouvons qu'être ensorcelés, possédés pour devenir nous-mêmes.
L'homme est deux fois ensorcelé: par l'évolution qui façonne son monde et suscite la pensée qui façonne son monde.
Les mères trop dévouées le sont presque toujours à cause de leur propre histoire: «je veux être une mère parfaite, tant j'ai peur de répéter ma mère qui m'a tant fait souffrir».
Satisfaire désespère, quand on se précipite.
On ne sait voir que ce que l'on a appris à voir.
Vivre dans le monde de la peur contraint à agir, alors que vivre dans le monde de l'angoisse contraint à comprendre et à parler.
Tout créateur sort de la norme. Toute innovation est anormale.
Quand tout vaut tout, rien n'a de valeur.
Un savoir non partagé humilie ceux qui n'y ont pas accès.
Le principal organe de la vision, c'est la pensée. On voit avec nos idées.
Eduquer, c'est conduire hors de soi.
Tout organisme pour s'adapter doit innover, tenter une aventure hors de la norme, engendrer de l'anormalité afin de voir si ça marche, car vivre, c'est prendre un risque.