Vivre dans le monde de la peur contraint à agir, alors que vivre dans le monde de l'angoisse contraint à comprendre et à parler.

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Le trauma fracasse, c'est sa définition. Et la résilience qui permet de se remettre à vivre associe la souffrance avec le plaisir de triompher. Curieux couple !
L'homme seul ne peut devenir homme. Je ne peux devenir moi-même que si j'ai un autre pour me développer, éveiller mes émotions, mes affects.
Une enfance instable oblige à tâtonner pour contrôler l'adversaire. C'est un mode tranquillisant: chercher à comprendre l'agresseur, c'est la première défense de l'enfant agressé.
Si nous disions constamment ce qui nous passe par la tête, aucun couple, aucun groupe ne pourrait continuer à vivre ensemble. La brutalité serait quotidienne.
La pensée paresseuse, c'est la récitation. Si vous voulez être bien, si vous voulez dormir, si vous voulez être tranquille... récitez. Si vous voulez penser, là, vous aurez des insomnies. La pensée paresseuse, c'est la certitude.
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Dans la même œuvre

Inventez une charlatanerie, n'importe laquelle, vous trouverez toujours des hommes qui diront que ça marche, tant notre besoin d'illusion est intense.
Toute vie est possédée. Double ensorcellement pour l'homme. Pas d'autre issue que de subir le biotope structuré par la nature, puis le milieu réglé par les récits des autres.
Etre seul, ce n'est pas être. Nous ne pouvons qu'être ensorcelés, possédés pour devenir nous-mêmes.
L'homme est deux fois ensorcelé: par l'évolution qui façonne son monde et suscite la pensée qui façonne son monde.
Les mères trop dévouées le sont presque toujours à cause de leur propre histoire: «je veux être une mère parfaite, tant j'ai peur de répéter ma mère qui m'a tant fait souffrir».