Toute vie est possédée. Double ensorcellement pour l'homme. Pas d'autre issue que de subir le biotope structuré par la nature, puis le milieu réglé par les récits des autres.
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Si nous devions traiter toutes les informations, rien de prendrait forme, nous serions confus. Pour avoir des idées claires, nous devons oublier.
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Les malades commençaient à être malheureux lorsqu'on leur annonçait qu'ils allaient pouvoir sortir. La lourdeur d'une institution très hiérarchisée favorisait à tous les niveaux une sorte de délicieuse démission.
Une institution est structurée comme une personnalité, avec des murs et des règlements qui matérialisent la pensée de ceux qui ont le pouvoir.
Un savoir non partagé humilie ceux qui n'y ont pas accès.
Une enfance instable oblige à tâtonner pour contrôler l'adversaire. C'est un mode tranquillisant: chercher à comprendre l'agresseur, c'est la première défense de l'enfant agressé.
Dans la même œuvre
Dans toute oeuvre d'imagination, il y a un récit de soi. Dans toute autobiographie, il y a un remaniement imaginaire.
Aucune histoire n'est innocente. Raconter, c'est se mettre en danger. Se taire, c'est s'isoler.
Le passé devient cohérent grâce à nos oublis et à nos remaniements affectifs.
La mémoire de soi est fortement liée aux cadres sociaux. Les histoires qu'on raconte dépendent de notre position sociale et des récits de la culture qui nous entoure.
Une vraie rencontre provoque une influence réciproque. Deux mondes intimes interagissent et chacun modifie l'autre.