Œuvre

Sauve-toi, la vie t'appelle (2012)

Dans toute oeuvre d'imagination, il y a un récit de soi. Dans toute autobiographie, il y a un remaniement imaginaire.
Aucune histoire n'est innocente. Raconter, c'est se mettre en danger. Se taire, c'est s'isoler.
Le passé devient cohérent grâce à nos oublis et à nos remaniements affectifs.
Si nous devions traiter toutes les informations, rien de prendrait forme, nous serions confus. Pour avoir des idées claires, nous devons oublier.
La mémoire de soi est fortement liée aux cadres sociaux. Les histoires qu'on raconte dépendent de notre position sociale et des récits de la culture qui nous entoure.
Une vraie rencontre provoque une influence réciproque. Deux mondes intimes interagissent et chacun modifie l'autre.
Tout rêve d'avenir métamorphose la manière dont on éprouve le présent.
Qu'elle soit collective ou individuelle, la mémoire est intentionnelle: elle va chercher dans le passé les faits qui donnent forme à ce qu'on éprouve au présent.
Les êtres humains sont passionnants parce que leur existence est folle.
Le malheur de la guerre m'a appris l'art du silence. Depuis que ma culture m'a rendu la parole, je comprends le sens du chemin parcouru.
On disait que j'étais bavard comme une pie, je racontais des histoires, j'adressais la parole à des inconnus dans la rue. Qui aurait pu penser que je parlais pour me taire ? Les mots que je disais servait à cacher ceux qu'il ne fallait pas dire.