Le malheur de la guerre m'a appris l'art du silence. Depuis que ma culture m'a rendu la parole, je comprends le sens du chemin parcouru.

À lire aussi de Boris Cyrulnik

Le miracle, quand on le taquine, il répond, il existe.
Les êtres humains sont passionnants parce que leur existence est folle.
L'expérience vécue, la connaissance intellectuelle, marquent leur empreinte sur notre appareil à percevoir le monde, au point d'en bouleverser le monde perçu. Notre représentation intellectuelle du monde peut nous gouverner jusqu'à nous rendre aveugles à tout ce qui n'est pas compris dans cette représentation.
Qu'elle soit collective ou individuelle, la mémoire est intentionnelle: elle va chercher dans le passé les faits qui donnent forme à ce qu'on éprouve au présent.
Un monde sans paroles ne serait plus humain, mais un monde sans animaux le serait-il encore ?
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Dans la même œuvre

Dans toute oeuvre d'imagination, il y a un récit de soi. Dans toute autobiographie, il y a un remaniement imaginaire.
Aucune histoire n'est innocente. Raconter, c'est se mettre en danger. Se taire, c'est s'isoler.
Le passé devient cohérent grâce à nos oublis et à nos remaniements affectifs.
Si nous devions traiter toutes les informations, rien de prendrait forme, nous serions confus. Pour avoir des idées claires, nous devons oublier.
La mémoire de soi est fortement liée aux cadres sociaux. Les histoires qu'on raconte dépendent de notre position sociale et des récits de la culture qui nous entoure.