Qu'elle soit collective ou individuelle, la mémoire est intentionnelle: elle va chercher dans le passé les faits qui donnent forme à ce qu'on éprouve au présent.

À lire aussi de Boris Cyrulnik

On disait que j'étais bavard comme une pie, je racontais des histoires, j'adressais la parole à des inconnus dans la rue. Qui aurait pu penser que je parlais pour me taire ? Les mots que je disais servait à cacher ceux qu'il ne fallait pas dire.
L'homme seul ne peut devenir homme. Je ne peux devenir moi-même que si j'ai un autre pour me développer, éveiller mes émotions, mes affects.
L'aventure humaine, c'est de se poser des questions, d'explorer et de chercher.
Tout organisme pour s'adapter doit innover, tenter une aventure hors de la norme, engendrer de l'anormalité afin de voir si ça marche, car vivre, c'est prendre un risque.
La nourriture est beaucoup plus chargée en symboles qu'en glucides, lipides et protides. On mange plus de symboles que de chimie.
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Dans la même œuvre

Dans toute oeuvre d'imagination, il y a un récit de soi. Dans toute autobiographie, il y a un remaniement imaginaire.
Aucune histoire n'est innocente. Raconter, c'est se mettre en danger. Se taire, c'est s'isoler.
Le passé devient cohérent grâce à nos oublis et à nos remaniements affectifs.
Si nous devions traiter toutes les informations, rien de prendrait forme, nous serions confus. Pour avoir des idées claires, nous devons oublier.
La mémoire de soi est fortement liée aux cadres sociaux. Les histoires qu'on raconte dépendent de notre position sociale et des récits de la culture qui nous entoure.