Ouvrons le livre des livres ; vivons, voyons, voyageons. Le monde est un livre dont chaque pas nous tourne une page ; celui qui n'en a lu qu'une, que sait-il ?
Auteur
Alphonse de Lamartine
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Voyager pour chercher la sagesse, était un grand mot des anciens ; ce mot n'était pas compris de nous ; ils ne voyageaient pas pour chercher seulement des dogmes inconnus et des leçons des philosophes, mais pour tout voir et tout juger.
Les imaginations puissantes sont les plus malheureuses, parce qu'elles ont la faculté de revoir, sans avoir le don de ranimer.
La vanité est le plus sot et le plus cruel des vices, car elle fait rougir du bonheur !
Ah ! l'homme trop jeune est incapable d'aimer ! Il ne sait le prix de rien ! Il ne connaît le vrai bonheur qu'après l'avoir perdu !
J'étais à cet âge où l'âme a besoin de se nourrir et de se multiplier par la parole.
Je n'ai jamais mieux compris combien le bonheur était indépendant du luxe, et combien on en achète davantage avec un denier de cuivre qu'avec une bourse d'or, quand on sait le trouver où Dieu l'a caché.
Mon ami avait vingt ans ; j'en avais dix-huit : nous étions donc tous deux à cet âge où il est permis de confondre les rêves et les réalités.
La preuve que la liberté est l'idéal divin de l'homme, c'est qu'elle est le premier rêve de la jeunesse, et qu'elle ne s'évanouit dans notre âme que quand le coeur se flétrit et que l'esprit s'avilit ou se décourage.
L'amour en Italie, comme on peut le voir par la Béatrice de Dante et par la Laure de Pétrarque, est le plus avoué et en même temps le plus sérieux des sentiments de l'homme.
La charrue en traçant le premier sillon a creusé les fondations de la société. Ce n'est pas seulement du blé qui sort de la terre labourée, c'est une civilisation tout entière.
Excepté les mortels, rien ne change ici-bas.
Je suis de la couleur de ceux qu'on persécute - Sans aimer, sans haïr les drapeaux différents, - Partout où l'homme souffre il me voit dans ses rangs. - Plus une race humaine est vaincue et flétrie, - Plus elle m'est sacrée et devient ma patrie.
Vous marchez sur une cendre à peine refroidie, et vous ne croyez déjà plus aux volcans !
Vois-tu dans la carrière antique, - Autour des coursiers et des chars, - Jaillir la poussière olympique - Qui les dérobe à nos regards ?
C'est cette servilité de la photographie qui me fait profondément mépriser cette invention du hasard, qui ne sera jamais un art mais un plagiat de la nature par l'optique. Est-ce un art que la réverbération d'un verre sur du papier ? Non c'est un coup de soleil pris sur le fait par un manœuvre. Mais où est la conception de l'homme ? Où est le choix ? Dans le cristal, peut être. Mais à coup sur pas dans l'Homme.
Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, - Le crépuscule encor jette un dernier rayon ; - Et le char vaporeux de la reine des ombres - Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.\r\n - Cependant, s'élançant de la flèche gothique, - Un son religieux se répand dans les airs : - Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique - Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente - N'éprouve devant eux ni charme ni transports ; - Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante - Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts. - De colline en colline en vain portant ma vue, - Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, - Je parcours tous les points de l'immense étendue, - Et je dis : \" Nulle part le bonheur ne m'attend. \"
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, - Vains objets dont pour moi le charme est envolé ? - Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, - Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
Que le tour du soleil ou commence ou s'achève, - D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ; - En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève, - Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière, - Mes yeux verraient partout le vide et les déserts : - Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire ; - Je ne demande rien à l'immense univers. - Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère, - Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux, - Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre, - Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !
Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ; - Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour, - Et ce bien idéal que toute âme désire, - Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour ! - Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore, - Vague objet de mes vœux, m'élancer jusqu'à toi ! - Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ? - Il n'est rien de commun entre la terre et moi.
Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne, - \r\nAu coucher du soleil, tristement je m'assieds ; - \r\nJe promène au hasard mes regards sur la plaine, - \r\nDont le tableau changeant se déroule à mes pieds
Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ; - \r\nIl serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ; - \r\nLà le lac immobile étend ses eaux dormantes - \r\nOù l'étoile du soir se lève dans l'azur.
Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, - Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ; - Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie : - Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
Œuvres de Alphonse de Lamartine
A la Chambre des Députés, 10 janvier 1839.Confidences (1849)Correspondance, 1836Cours familier de littératureCours familier de littérature (1856)Cours familier de littérature (1856), La vigne et la maisonDiscours, 25 février 1848Discours, 25 février 1848.Fior d'Aliza (1863)GraziellaGraziella (1852)Graziella (1852), II, 13Graziella (1852), II, 16Graziella (1852), III, 15Harmonies poétiques et religieusesHarmonies poétiques et religieuses (1830)Harmonies poétiques et religieuses (1830), I, 8, Hymne du soir dans les templesHarmonies poétiques et religieuses (1830), I, InvocationHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 1, Pensée des mortsHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 14, Le premier regret