Nous abordâmes à une des petites anses de l'île pour puiser de l'eau à une source voisine et pour nous reposer sous les rochers.
Enfin après m'être assouvi de Rome, je voulus voir Naples.
Plus ce récit se déroulait, plus il semblait attacher nos simples auditeurs.
Le vieillard et son petit-fils ne s'aventuraient plus en pleine mer à cause des coups de vent fréquents de cette saison.
Nous nous endormîmes ainsi entre deux lames, bercés par le balancement insensible d'une mer qui faisait à peine incliner le mât.
C'était le sentiment de la brièveté du temps qui nous restait à passer ensemble.
La musique et la poésie ne sont, pour ainsi dire, que les thèmes sur lesquels chacun brode ses propres entiments.
A dix-huit ans ma famille me confia aux soins d'une de mes parentes que des affaires appelaient en Toscane.
Elle était corailleuse, c'est-à-dire elle apprenait à travailler le corail. Le commerce et la manufacture du corail formaient alors la principale richesse de l'industrie des villes de la côte d'Italie.
Je n'étais qu'une âme errante qui divaguait çà et là dans la campagne pour user les jours.
Nous embarquions beaucoup d'eau: nous ne pouvions suffire à la vider aussi ivte qu'elle nous envahissait.
Les brises fraîchissaient, la vague écumait et nous trempait souvent de ses jaillisements.
J'ai voulu en vain me le cacher à moi-même, j'ai voulu en vain te le cacher toujours. Je peux mourir, mais je ne peux pas aimer un autre que toi. Ils ont voulu me donner un fiancé, c'est toi qui es le fiancé de mon âme!
L'homme est comme l'arbre qu'on secoue pour en faire tomber ses fruits : on n'ébranle jamais l'homme sans qu'il en tombe des pleurs.
Il semble que la parole soit la seule prédestination de l'homme et qu'il ait été créé pour enfanter des pensées, comme l'arbre pour enfanter son fruit.
L'esprit a sa puberté comme le corps.
L'homme a beau regarder et embrasser l'espace, la nature entière ne se compose pour lui que de deux ou trois points sensibles auxquels toute son âme aboutit. Otez de la vie le coeur qui vous aime, qu'y reste-t-il ?
Un nuage sur l'âme couvre et décolore plus la terre qu'un nuage sur l'horizon. Le spectacle est dans le spectateur.
La vanité est le plus sot et le plus cruel des vices, car elle fait rougir du bonheur !
Ah ! l'homme trop jeune est incapable d'aimer ! Il ne sait le prix de rien ! Il ne connaît le vrai bonheur qu'après l'avoir perdu !
J'étais à cet âge où l'âme a besoin de se nourrir et de se multiplier par la parole.
Je n'ai jamais mieux compris combien le bonheur était indépendant du luxe, et combien on en achète davantage avec un denier de cuivre qu'avec une bourse d'or, quand on sait le trouver où Dieu l'a caché.
Mon ami avait vingt ans ; j'en avais dix-huit : nous étions donc tous deux à cet âge où il est permis de confondre les rêves et les réalités.
La preuve que la liberté est l'idéal divin de l'homme, c'est qu'elle est le premier rêve de la jeunesse, et qu'elle ne s'évanouit dans notre âme que quand le coeur se flétrit et que l'esprit s'avilit ou se décourage.