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Alphonse de Lamartine

(La Poésie) doit se faire peuple.
... Le drapeau rouge que vous nous rapportez n'a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie!
Aimer, prier, chanter, voilà toute ma vie.
Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages, - Dans la nuit éternelle emportés sans retour, - Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges - Jeter l'ancre un seul jour ?
Borné dans sa nature, infini dans ses voeux - L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux.
C'est ainsi qu'il mourut, si c'était là mourir!
C'est la cendre des morts qui créa la patrie.
Celui qui peut créer dédaigne de détruire.
Dieu n'est qu'un mot rêvé pour expliquer le monde.
Dieu se manifeste toujours au moment précis où tout ce qui est humain est insuffisant, où l'homme confesse qu'il ne peut rien pour lui-même.
Entre la race blanche et la famille noire, - Il fallait un combat, puisqu'il faut la victoire!
Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle, - S'il n'a l'âme et le coeur et la voix de Néron.
Ici-bas, la douleur à la douleur s'enchaîne. - Le jour succède au jour, et la peine à la peine.
Il est... il serait tout s'il ne devait finir.
Insectes bourdonnants, assembleurs de nuages, - Vous prendrez-vous toujours au piège des images?
Italie! Italie! ah! pleure tes collines, - Où l'histoire du monde est écrite en ruines!
J'ai vu partout un Dieu sans jamais le comprendre.
J'aimai, je fus aimé; c'est assez pour ma tombe.
J'aimais les voix du soir dans les airs répandues, - Le bruit lointain des chars gémissant sous leur poids, - Et le sourd tintement des cloches suspendues - Au cou des chevreaux dans les bois.
Je chantais, mes amis, comme l'homme respire, - Comme l'oiseau gémit, comme le vent soupire, - Comme l'eau murmure en coulant.
Je marche dans la nuit dans un chemin mauvais, ignorant d'où je viens, incertain où je vais.
Je ne veux pas d'un monde où tout change, où tout passe.
Je suis concitoyen de toute âme qui pense: - La vérité, c'est mon pays.
Je suis de la couleur de ceux qu'on persécute!
Je suis las des musées, cimetières des arts.

Œuvres de Alphonse de Lamartine

A la Chambre des Députés, 10 janvier 1839.Confidences (1849)Correspondance, 1836Cours familier de littératureCours familier de littérature (1856)Cours familier de littérature (1856), La vigne et la maisonDiscours, 25 février 1848Discours, 25 février 1848.Fior d'Aliza (1863)GraziellaGraziella (1852)Graziella (1852), II, 13Graziella (1852), II, 16Graziella (1852), III, 15Harmonies poétiques et religieusesHarmonies poétiques et religieuses (1830)Harmonies poétiques et religieuses (1830), I, 8, Hymne du soir dans les templesHarmonies poétiques et religieuses (1830), I, InvocationHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 1, Pensée des mortsHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 14, Le premier regret