Quand je n'espère plus, l'espérance est ta voix ; - Quand je ne crois plus rien, tu parles, et je crois !
Auteur
Alphonse de Lamartine
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Plus je sonde l'abîme, hélas ! plus je m'y perds. - Ici-bas, la douleur à la douleur s'enchaîne. - Le jour succède au jour, et la peine à la peine.
Ce qu'on appelle nos beaux jours - N'est qu'un éclair brillant dans une nuit d'orage, - Et rien, excepté nos amours, - N'y mérite un regret du sage.
Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance, - N'ira plus de ses voeux importuner le sort ; - Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance, - Un asile d'un jour pour attendre la mort.
Il y a de tout dans votre temple, excepté un peu de Religion.
Amour, dont les amants savent seuls le mystère, - Tu fais plus : ton regard met leur ciel sur la terre.
C'est après la victoire, un peuple qui se venge, - Le siècle en a menti ; jamais homme ne change : - Toujours ou victime ou bourreau.
Heureux le sort caché dans une vie obscure !
Il n'est pas donné au crime lui-même de dégrader la vérité ; elle survit a tout, même a ses victimes.
Il n'y a cependant aucune incompatibilité entre l'action et la pensée dans une intelligence complète ; l'action est fille de la pensée.
L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie ; - La Fraternité n'en a pas.
L'idéal n'est que de la vérité à distance.
La mort n'est que le plus puissant acte de la vie ; car elle enfante une vie supérieure.
La terre ne peut pas rester sans autels et Dieu seul est assez fort contre Dieu.
Ta pure et touchante beauté - Dans les cieux même t'a suivie ; - Tes yeux, où s'éteignait la vie, - Rayonnent d'immortalité ! - - Du zéphyr l'amoureuse haleine - Soulève encor tes longs cheveux ; - Sur ton sein leurs flots onduleux - Retombent en tresses d'ébène.
Du soleil la céleste flamme - Avec les jours revient et fuit ; - Mais mon amour n'a pas de nuit, - Et tu luis toujours sur mon âme. - - C'est toi que j'entends, que je vois, - Dans le désert, dans le nuage ; - L'onde réfléchit ton image ; - Le zéphyr m'apporte ta voix.
Quand je dors, tu veilles dans l'ombre ; - Tes ailes reposent sur moi ; - Tous mes songes viennent de toi, - Doux comme le regard d'une ombre.
En vain le jour succède au jour, - Ils glissent sans laisser de trace ; - Dans mon âme rien ne t'efface, - O dernier songe de l'amour ! - - Je vois mes rapides années - S'accumuler derrière moi, - Comme le chêne autour de soi - Voit tomber ses feuilles fanées.
Les anges amoureux se parlent sans parole, - Comme les yeux aux yeux.
Le bonheur de les yeux coule en rayons d'amour !
Le monde est un livre dont chaque pas nous tourne une page ; celui qui n'en a lu qu'une, que sait-il ?
Les habitudes étroites et uniformes que l'homme prend dans sa vie régulière et dans la monotonie de sa patrie sont des moules qui rapetissent tout.
Pensée, philosophie, religion, caractère, tout est plus grand, tout est plus juste, tout est plus vrai chez celui qui a vu la nature et la société de plusieurs points de vue.
Si mon esprit s'est agrandi, si mon coup d'oeil s'est étendu, si j'ai appris à tout tolérer en comprenant tout, je le dois uniquement à ce que j'ai souvent changé de scène et de point de vue.
Etudier les siècles dans l'Histoire, les hommes dans les voyages et Dieu dans la nature, c'est la grande école.
Œuvres de Alphonse de Lamartine
A la Chambre des Députés, 10 janvier 1839.Confidences (1849)Correspondance, 1836Cours familier de littératureCours familier de littérature (1856)Cours familier de littérature (1856), La vigne et la maisonDiscours, 25 février 1848Discours, 25 février 1848.Fior d'Aliza (1863)GraziellaGraziella (1852)Graziella (1852), II, 13Graziella (1852), II, 16Graziella (1852), III, 15Harmonies poétiques et religieusesHarmonies poétiques et religieuses (1830)Harmonies poétiques et religieuses (1830), I, 8, Hymne du soir dans les templesHarmonies poétiques et religieuses (1830), I, InvocationHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 1, Pensée des mortsHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 14, Le premier regret