Œuvre
Voyage en Orient (1835)
Nous avons été visiter notre navire, notre maison pour tant de mois! Il est distribué en petites cabines où nous avons place pour un hamac et pour une malle.
A peine en mer, le capitaine, dont le vaisseau vole et nous dépasse, fait carguer les voiles et nous attend.
Ce seul bruit sensible, hors des murailles de Jérusalem, était la complainte monotone des femmes turques qui pleuraient leurs morts.
Nous reçûmes aussi en présent des grains de doura grillés, des poulets et des pastèques.
Chaque objet qui passe de nous à eux est soumis d'abord à une rigoureuse fumigation, puis plongé dans un vase d'eau froide.
J'ai passé l'âge heureux où la fleur de la vie, - L'amour, s'épanouit et parfume le coeur; - Et l'admiration, dans mon âme ravie, - N'a plus pour la beauté qu'un rayon sans chaleur.
Il n'y a d'homme complet que celui qui a beaucoup voyagé, et qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie.
Il n'y a d'homme complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie.
Le monde est un livre dont chaque pas nous tourne une page ; celui qui n'en a lu qu'une, que sait-il ?
Les habitudes étroites et uniformes que l'homme prend dans sa vie régulière et dans la monotonie de sa patrie sont des moules qui rapetissent tout.
Pensée, philosophie, religion, caractère, tout est plus grand, tout est plus juste, tout est plus vrai chez celui qui a vu la nature et la société de plusieurs points de vue.
Si mon esprit s'est agrandi, si mon coup d'oeil s'est étendu, si j'ai appris à tout tolérer en comprenant tout, je le dois uniquement à ce que j'ai souvent changé de scène et de point de vue.
Etudier les siècles dans l'Histoire, les hommes dans les voyages et Dieu dans la nature, c'est la grande école.
Ouvrons le livre des livres ; vivons, voyons, voyageons. Le monde est un livre dont chaque pas nous tourne une page ; celui qui n'en a lu qu'une, que sait-il ?
Voyager pour chercher la sagesse, était un grand mot des anciens ; ce mot n'était pas compris de nous ; ils ne voyageaient pas pour chercher seulement des dogmes inconnus et des leçons des philosophes, mais pour tout voir et tout juger.