Mais le temps? Il n'est plus. Mais la gloire? Hé! qu'importe - Cet écho d'un vain son qu'un siècle à l'autre apporte, - Ce nom, brillant jouet de la postérité!
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Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, - Le crépuscule encor jette un dernier rayon ; - Et le char vaporeux de la reine des ombres - Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.\r\n - Cependant, s'élançant de la flèche gothique, - Un son religieux se répand dans les airs : - Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique - Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
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O vertu, ton aspect est plus fort que la tombe.
C'est après la victoire, un peuple qui se venge, - Le siècle en a menti ; jamais homme ne change : - Toujours ou victime ou bourreau.
Courage, enfant déchu d'une race divine!
Et de ce long silence entendre enfin sortir - Ce mot qui retentit jusque dans le ciel même, - Ce mot, le mot des dieux et des hommes: Je t'aime!
Dans la même œuvre
Nulle part le bonheur ne m'attend.
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente - N'éprouve devant eux ni charme ni transports ; - Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante - Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts. - De colline en colline en vain portant ma vue, - Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, - Je parcours tous les points de l'immense étendue, - Et je dis : \" Nulle part le bonheur ne m'attend. \"
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, - Vains objets dont pour moi le charme est envolé ? - Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, - Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
Que le tour du soleil ou commence ou s'achève, - D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ; - En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève, - Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière, - Mes yeux verraient partout le vide et les déserts : - Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire ; - Je ne demande rien à l'immense univers. - Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère, - Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux, - Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre, - Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !