Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière, - Mes yeux verraient partout le vide et les déserts : - Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire ; - Je ne demande rien à l'immense univers. - Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère, - Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux, - Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre, - Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

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Il semble que la parole soit la seule prédestination de l'homme et qu'il ait été créé pour enfanter des pensées comme l'arbre pour enfanter son fruit.
Je n'étais qu'une âme errante qui divaguait çà et là dans la campagne pour user les jours.
C'est ainsi qu'il mourut, si c'était là mourir!
Que Dieu serait cruel s'il n'était pas si grand!
Naître avec le printemps, mourir avec les roses: - Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur; - Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, - S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur; - ... - Voilà du papillon le destin enchanté.
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Dans la même œuvre

Nulle part le bonheur ne m'attend.
Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, - Le crépuscule encor jette un dernier rayon ; - Et le char vaporeux de la reine des ombres - Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.\r\n - Cependant, s'élançant de la flèche gothique, - Un son religieux se répand dans les airs : - Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique - Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente - N'éprouve devant eux ni charme ni transports ; - Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante - Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts. - De colline en colline en vain portant ma vue, - Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, - Je parcours tous les points de l'immense étendue, - Et je dis : \" Nulle part le bonheur ne m'attend. \"
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, - Vains objets dont pour moi le charme est envolé ? - Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, - Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
Que le tour du soleil ou commence ou s'achève, - D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ; - En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève, - Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.