Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ; - Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour, - Et ce bien idéal que toute âme désire, - Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour ! - Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore, - Vague objet de mes vœux, m'élancer jusqu'à toi ! - Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ? - Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

À lire aussi de Alphonse de Lamartine

Le cours du fleuve est moins capricieux - Que le coeur d'un enfant pris d'amour par les yeux.
Oui, je sens ta présence, ô Dieu persécuteur ! - Et ta fureur divine a passé dans mon coeur.
Enlacé dans tes bras, quand tu me dis: Je t'aime; - Quand mes yeux enivrés se soulèvent vers toi, - Nul mortel sous les cieux n'est plus heureux que moi!
Mon coeur, lassé de tout, même de l'espérance, - N'ira plus de ses voeux importuner le sort ; - Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance, - Un asile d'un jour pour attendre la mort.
Entre la race blanche et la famille noire, - Il fallait un combat, puisqu'il faut la victoire!
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Dans la même œuvre

Nulle part le bonheur ne m'attend.
Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, - Le crépuscule encor jette un dernier rayon ; - Et le char vaporeux de la reine des ombres - Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.\r\n - Cependant, s'élançant de la flèche gothique, - Un son religieux se répand dans les airs : - Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique - Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente - N'éprouve devant eux ni charme ni transports ; - Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante - Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts. - De colline en colline en vain portant ma vue, - Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, - Je parcours tous les points de l'immense étendue, - Et je dis : \" Nulle part le bonheur ne m'attend. \"
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, - Vains objets dont pour moi le charme est envolé ? - Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, - Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
Que le tour du soleil ou commence ou s'achève, - D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ; - En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève, - Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.