Auteur

Alphonse de Lamartine

Je n'étais qu'une âme errante qui divaguait çà et là dans la campagne pour user les jours.
Nous reçûmes aussi en présent des grains de doura grillés, des poulets et des pastèques.
Et pourtant, à la fleur de l'âge, - Sur quels écueils, sur quel rivage - Déjà n'ai-je pas échoué?
L'astre à peine vient d'éclore - Qu'il va terminer son tour.
Nous embarquions beaucoup d'eau: nous ne pouvions suffire à la vider aussi ivte qu'elle nous envahissait.
Que les parfums légers de ton air embaumé, - Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, - Tout dise: « Ils ont aimé ! ».
L'harmonieux éther, dans ses vagues d'azur, - Enveloppe les monts d'un fluide plus pur.
Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes; - Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur; - Là le lac immobile étend ses eaux dormantes - Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.
Et quand sur cette mer, las de chercher sa route, - Du firmament splendide il explore la voûte, - Des astres inconnus s'y lèvent à ses yeux.
Rien n'est vrai, rien n'est faux; tout est songe et mensonge. - Illusion du coeur qu'un vain espoir prolonge.
Je fondais sur le sable et je semais sur l'onde.
Comme deux rayons de l'aurore, - Comme deux soupirs confondus, - Nos deux âmes ne forment plus - Qu'une âme, et je soupire encore !
Les brises fraîchissaient, la vague écumait et nous trempait souvent de ses jaillisements.
Chaque objet qui passe de nous à eux est soumis d'abord à une rigoureuse fumigation, puis plongé dans un vase d'eau froide.
Oui, je sens ta présence, ô Dieu persécuteur ! - Et ta fureur divine a passé dans mon coeur.
L'une sort du matin et chante avec l'aurore, - L'autre gémit le soir un triste et long adieu.
Toi qui dis aux forêts: Répondez au zéphyre! - Aux ruisseaux: Murmurez d'harmonieux accords! - Aux torrents: Mugissez! à la brise: Soupire! - A l'océan: Gémis en mourant sur tes bords!
Borné dans sa nature, infini dans ses voeux. L'homme est un Dieu tombé qui se souvient des cieux.
C'est pour la vérité que Dieu fit le génie.
Il y a une femme à l'origine de toutes les grandes choses.
On voudrait revenir à la page où l'on aime, - Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts!
Efface ce séjour, ô Dieu! de ma paupière, - Ou rends-le moi semblable à celui d'autrefois, - Quand la maison vibrait comme un grand coeur de pierre - De tous ces coeurs joyeux qui battaient sous ses toits.
Je songe à ceux qui ne sont plus: - Douce lumière, es-tu leur âme?
Je suis homme avant d'être Français, Anglais ou Russe, et s'il y avait opposition entre l'intérêt étroit de nationalisme et l'immense intérêt du genre humain, je dirais, comme Barnave: «Périsse ma nation, pourvu que l'humanité triomphe!»
J'ai passé l'âge heureux où la fleur de la vie, - L'amour, s'épanouit et parfume le coeur; - Et l'admiration, dans mon âme ravie, - N'a plus pour la beauté qu'un rayon sans chaleur.

Œuvres de Alphonse de Lamartine

A la Chambre des Députés, 10 janvier 1839.Confidences (1849)Correspondance, 1836Cours familier de littératureCours familier de littérature (1856)Cours familier de littérature (1856), La vigne et la maisonDiscours, 25 février 1848Discours, 25 février 1848.Fior d'Aliza (1863)GraziellaGraziella (1852)Graziella (1852), II, 13Graziella (1852), II, 16Graziella (1852), III, 15Harmonies poétiques et religieusesHarmonies poétiques et religieuses (1830)Harmonies poétiques et religieuses (1830), I, 8, Hymne du soir dans les templesHarmonies poétiques et religieuses (1830), I, InvocationHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 1, Pensée des mortsHarmonies poétiques et religieuses (1830), II, 14, Le premier regret