Pour réussir dans le monde, seigneur étudiant, retenez bien ces trois maximes : voir, c'est savoir ; vouloir, c'est pouvoir ; oser, c'est avoir.
Auteur
Alfred de Musset
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Distinguez toujours scrupuleusement ces deux parts de la vie, la forme et le fond des choses. Ainsi vous remplirez la première maxime : voir, c'est savoir, et vous passerez pour expérimenté.
Faites-vous rare, on vous aimera ; c'est un proverbe des Turcs.
La vie est une pantomime terrible, et le geste n'a rien à faire ni avec la pensée ni avec la parole. Si la parole vous a fait aimer, si la pensée vous a fait craindre, que le geste n'en sache rien.
Que cette idée ne vous vienne jamais, de paraître douter de vous, car aussitôt tout le monde en doute.
Ne montrez pas en public la mesure de vos forces ; cela rend les gens tranquilles, fussiez-vous un Hercule.
Enfin agissez-en ni plus ni moins que si le soleil et les étoiles vous appartenaient en bien propre, et que la fée Morgane vous eût tenu sur les fonts baptismaux.
Oubliez, quand vous agissez, qu'il y ait d'autres êtres sur la terre que vous et celui à qui vous avez affaire.
Qui trouvera le temps d'écouter vos malheurs ? On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs.
L'homme sans patience est la lampe sans huile, - Et l'orgueil en colère est mauvais conseiller.
L'amitié, camarade, est semblable à la coupe - Qui passe, au coin du feu, de la main à la main. - L'un y boit son bonheur, et l'autre sa misère ; - Le ciel a mis l'oubli pour tous au fond du verre.
Il y a, lui dis-je, une maxime d'un poète persan : «Celui qui est aimé d'une belle femme est à l'abri des coups du sort.»
Ma mère, à toi je me confie. - Des écueils d'un monde trompeur - Ecarte ma faible nacelle. - Je veux devoir tout mon bonheur - A la tendresse maternelle.
Un don pour nous si précieux, - Ce doux protecteur de l'enfance, - Ah ! c'est une faveur des cieux - Que Dieu donna dans sa clémence. - D'un bien pour l'homme si charmant - Nous avons ici le modèle ; - Qui ne serait reconnaissant - A la tendresse maternelle ?
Arrive-t-il quelque bonheur ? - Vite, à sa mère on le raconte ; - C'est dans son sein consolateur - Qu'on cache ses pleurs ou sa honte.
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur. - Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète, - Que ta voix ici-bas doive rester muette. - Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, - Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lisez les Italiens, vous verrez s'il les vole. - \r\nRien n'appartient à rien, tout appartient à tous. - \r\nIl faut être ignorant comme un maître d'école - \r\nPour se flatter de dire une seule parole\r\n - Que personne ici-bas n'ait pu dire avant vous. - \r\nC'est imiter quelqu'un que de planter des choux.
Une femme est comme votre ombre, courez après, elle vous fuit ; fuyez-la, elle vous court après
Tout est nu sur la terre, hormis l'hypocrisie ; - \r\nTout est nu dans les cieux, tout est nu dans la vie, - \r\nLes tombeaux, les enfants et les divinités. - \r\nTous les coeurs vraiment beaux laissent voir leurs beautés\r\n
Je ne fais pas grand cas, pour moi, de la critique. - \r\nToute mouche qu'elle est, c'est rare qu'elle pique. - \r\nOn m'a dit l'an passé que j'imitais Byron : - \r\nVous qui me connaissez, vous savez bien que non.
Je hais comme la mort l'état de plagiaire ; - \r\nMon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon verre - \r\nC'est bien peu, je le sais, que d'être homme de bien, - \r\nMais toujours est-il vrai que je n'exhume rien.
Je ne fais pas grand cas, pour moi, de la critique. Toute mouche qu'elle est, c'est rare qu'elle pique
Ô Muse ! que m'importe ou la mort ou la vie ? - \r\nJ'aime, et je veux pâlir ; j'aime et je veux souffrir ; - \r\nJ'aime, et pour un baiser je donne mon génie ; - \r\nJ'aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie - \r\nRuisseler une source impossible à tarir.
J'aime, et je veux chanter la joie et la paresse, - \r\nMa folle expérience et mes soucis d'un jour, - \r\nEt je veux raconter et répéter sans cesse - \r\nQu'après avoir juré de vivre sans maîtresse, - \r\nJ'ai fait serment de vivre et de mourir d'amour.
Coeur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé. - \r\nAime, et tu renaîtras ; fais-toi fleur, pour éclore ; - \r\nAprès avoir souffert, il faut souffrir encore ; - \r\nIl faut aimer sans cesse, après avoir aimé.
Œuvres de Alfred de Musset
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