Œuvre
La Nuit d'août (1836)
Après avoir souffert, il faut souffrir encore; - Il faut aimer sans cesse après avoir aimé.
Il faut aimer sans cesse après avoir aimé.
Qu'as-tu fait de ta vie et de ta liberté? - Crois-tu donc qu'on oublie autant qu'on le souhaite? - Crois-tu qu'en te cherchant tu te retrouveras?
Le coeur a beau mentir, la blessure est au fond.
Hélas! par tous pays, toujours la même vie: - Convoiter, regretter, prendre et tendre la main; - Toujours mêmes acteurs et même comédie, - Et, quoi qu'ait inventé l'humaine hypocrisie - - Rien de vrai là-dessous que le squelette humain.
Ô Muse ! que m'importe ou la mort ou la vie ? - \r\nJ'aime, et je veux pâlir ; j'aime et je veux souffrir ; - \r\nJ'aime, et pour un baiser je donne mon génie ; - \r\nJ'aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie - \r\nRuisseler une source impossible à tarir.
J'aime, et je veux chanter la joie et la paresse, - \r\nMa folle expérience et mes soucis d'un jour, - \r\nEt je veux raconter et répéter sans cesse - \r\nQu'après avoir juré de vivre sans maîtresse, - \r\nJ'ai fait serment de vivre et de mourir d'amour.
Coeur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé. - \r\nAime, et tu renaîtras ; fais-toi fleur, pour éclore ; - \r\nAprès avoir souffert, il faut souffrir encore ; - \r\nIl faut aimer sans cesse, après avoir aimé.