Auteur

Alfred de Musset

Il vaut mieux faire que dire.
Ouvrez-vous, jeunes fleurs. Si la mort vous enlève, - La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, - Et vous aurez vécu si vous avez aimé.
C'est tout un monde que chacun porte en lui!
Et vous aussi, vous avez été belle! sous ce long voile qui vous entoure, l'oeil reconnaît le port majestueux d'une reine.
Vous vous souvenez, madame, de ces marguerites que les enfants effeuillent brin à brin? Beaucoup, disent-ils à la première feuille; passablement à la seconde, et, à la troisième, pas du tout.
On ne sait, à chaque pas que l'on fait, si l'on marche sur une semence ou sur un débris.
C'est tout un monde que chacun porte en lui! un monde ignoré qui naît et qui meurt en silence!
Orgueil, le plus fatal des conseillers humains, qu'es-tu venu faire entre cette fille et moi?
Quoi! tu n'as pas d'étoile et tu vas sur la mer, - Au combat sans musique, en voyage sans livre; - Quoi! tu n'as pas d'amour et tu parles de vivre! - Moi, pour un peu d'amour je donnerais mes jours.
En dépit de toutes les subtilités du monde et du bien qu'on prend où on le trouve, un plagiat n'en est pas moins un plagiat, comme un chat est un chat. Mais s'inspirer d'un maître est une action non seulement permise, mais louable.
Ce n'est pas l'action d'un gentilhomme de maltraiter les honnêtes gens.
Vous qui croyez qu'une amour délaissée - De la pensée s'enfuit ainsi, - Hélas! hélas! chercheurs de renommée, - Votre fumée s'envole aussi.
Aimer, c'est une grande affaire; il faut avoir du courage pour aimer. Ce mot d'aimer, et la certitude que personne au monde ne se doutait de sa passion, la faisaient espérer malgré elle, quoi? elle l'ignorait, et, par cela même, espérait plus facilement.
Son secret chéri lui semblait un trésor caché dans son coeur, elle ne pouvait se résoudre à l'en arracher; elle se jurait de l'y conserver toujours, de le protéger contre tous, dût-il y rester enseveli.
Est-il défendu d'aimer à avoir des rivaux?
Ton âme est immortelle, et tes pleurs vont tarir. - Tu te sens le coeur pris d'un caprice de femme. - Et tu dis qu'il se brise à force de souffrir.
Qui pourrait compter les soins patients, les attentions en apparence faciles, les petites joies intérieures, par lesquels l'amitié se prouve en silence, et rend la vie douce et légère.
Je ne sais où va mon chemin, Mais - Je marche mieux quand ma main serre la tienne.
Tu m'appelles ta vie, appelle-moi ton âme, - Car l'âme est immortelle, et la vie est un jour.
Je t'aime pour le bonheur de t'aimer, de t'obéir, de dépendre de toi!
Qui que ce soit, tu dors, tu n'es pas son amante. - Les songes de tes nuits sont plus purs que le jour, - Et trop jeunes encor pour te parler d'amour.
Je suis un brave cueilleur de fleurs, qui souhaite le bonjour à vos beaux yeux.
Oui, te voilà, c'est toi, ma blonde, - C'est toi, ma maîtresse et ma soeur! - Et je sens, dans la nuit profonde, - De ta robe d'or qui m'inonde - Les rayons glisser dans mon coeur.
Est-ce toi dont la voix m'appelle, - O ma pauvre Muse! est-ce toi? - O ma fleur! ô mon immortelle! - Seul être pudique et fidèle - Où vive encor l'amour de moi!
Assurément, il faut mourir une fois dans sa vie.

Œuvres de Alfred de Musset

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