Quand on ne veut pas tomber, il faut bien regarder devant soi.
Auteur
Alfred de Musset
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Maintenant, vous la trouvez laide, parce qu'elle a fait à peine attention à vous.
Je t'aime, je t'épouse, il n'y a de vrai au monde que de déraisonner d'amour.
Il ne faut jurer de rien et encore moins défier personne.
Par le Ciel, mon coeur se serre comme s'il allait s'ossifier dans mes entrailles, et rester un rocher pour l'éternité.
Il faudrait qu'un air de mystère ne trahît jamais son adresse; qu'il fût prudent, leste et avisé; qu'il se souvînt d'un proverbe espagnol qui mène loin ceux qui le suivent: Aux audacieux, Dieu prête la main.
Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s'abandonne à un amour sans espoir. Malheur à celui qui se livre à une douce rêverie, avant de savoir où sa chimère le mène, et s'il peut être payé de retour.
Ton corps est abattu du mal de ta pensée; - Tu sens ton front peser et tes genoux fléchir. - Tombe, agenouille-toi, créature insensée: - Ton âme est immortelle, et la mort va venir.
Ninon, quand vous riez, vous savez qu'une abeille - Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille.
Le coeur d'un homme vierge est un vase profond, - Lorsque la première eau qu'on y verse est impure, - La mer y passerait sans laver la souillure, - Car l'abîme est immense, et la tache est au fond.
Voilà bien la sirène et la prostituée; - - Le type de l'égout; - la machine inventée - Pour désopiler l'homme et pour boire son sang; - La meule de pressoir de l'abrutissement.
Vouloir chercher dans la vie réelle des amours pareils à ceux-là, éternels et absolus, c'est la même chose que de chercher sur la place publique des femmes aussi belles que la Vénus, ou de vouloir que les rossignols chantent les symphonies de Beethoven.
Te dirai-je qu'un soir, dans la brise embaumée, - Endormie, comme toi, dans la paix du bonheur, - Aux célestes accents d'une voix bien aimée, - J'ai cru sentir le temps s'arrêter dans mon coeur?
Le regret d'un instant te trouble et te dévore; - Tu dis que le passé te voile l'avenir. - Ne te plains pas d'hier; laisse venir l'aurore: - Ton âme est immortelle, et le temps va s'enfuir.
Car toute chose nous convie - D'oublier tout, fors notre amour: - Nos plaisirs, d'oublier la vie; - Nos rideaux, d'oublier le jour.
Je vis d'abord sur moi des fantômes étranges - Traîner de longs habits; - Je ne sais si c'étaient des femmes ou des anges! - Leurs manteaux m'inondaient avec leurs belles franges - De nacre et de rubis.
L'amitié ni l'amour ne doivent recevoir que ce qu'ils peuvent rendre.
Adieu! Je crois qu'en cette vie - Je ne te reverrai jamais.
O toi qui sais aimer, réponds, amant d'Elvire, - Comprends-tu que l'on parte et qu'on se dise adieu?
Les cheveux blancs ne font pas la vieillesse, et le coeur de l'homme n'a pas d'âge.
Tombe, agenouille-toi, créature insensée: - Ton âme est immortelle, et la mort va venir.
Une maîtresse aimée est si près d'une soeur!
Tout ce qui était n'est plus; tout ce qui sera n'est pas encore.
Il est doux de pleurer, il est doux de sourire - Au souvenir des maux qu'on pourrait oublier.
Je ne ris point du malheur des familles; je dis que la poésie est la plus douce des souffrances, et qu'elle aime ses soeurs.
Œuvres de Alfred de Musset
A JuanaA Madame Cne T. (1847)A Madame XA Mademoiselle RachelA Mademoiselle Zoé le Douairin (1826)A ma mèreA mon frère revenant d'Italie (1844)A quoi rêvent les jeunes filles (1832)A quoi rêvent les jeunes filles (1832), IAndré del Sarto (1833)André del Sarto (1833), II, 2Après une lecture (1842)Barberine, Acte I, Scène IV (1853)Bettine (1851)Billet, à Aimée d'Alton, 14 janvier 1842Carmosine (1850)Carmosine (1850), III, 8ChansonChanson de Barberine (1836)Comédies et Proverbes