Auteur

Vincent Cespedes

Je me repose mieux quand je me repose sur la société.
Le bonheur fonctionnerait ainsi à la manière d'un double injecteur, par incorporation-excorporation des affects et des évènements. Je mange et digère l'énergie du monde ; j'offre au monde mon énergie - grosse de lui.
Le cas de Droopy a ceci de cartoonesque qu'il semble passer à côté de l'explosivité du bonheur. ... Une contradiction sur pattes, qu'aucun vrai chien, du reste, ne comprendrait : les yeux tristounets du cocker ne l'empêchent pas de remuer la queue.
L'école du bonheur, pour n'importe quel enfant, c'est l'amour enthousiaste et inconditionnel que lui témoignent ses proches et ses parents.
Promettre le bonheur, c'est égaler les dieux. Tel est le péché mignon des clercs et des psys, des marchands et des séducteurs. Les philosophes n'y coupent pas.
L'onde de choc, cette suite d'évènements rebutants qui, par fracas ou sourdement, propage les terreurs, les violences.
C'est en côtoyant des gens charmants - au sens le plus généreux et le plus envoûtant du terme -, que l'on apprend à se laisser aller au bonheur.
L'enfant est pour l'adulte une grande leçon de Je(u).
Moi-parapluie. Moi-paratonnerre. Moi-paravent. Plus l'onde de choc nous taraude, plus notre Moi gagne en importance pour nous servir de bouclier.
Une personne bienheureuse peut être sans pour autant se départir de son bonheur, son humeur de champagne, sa lame de fond.
Le bonheur ne saurait être un état arythmique et clos sur lui-même, une béatitude sans vagues. Il est au contraire une pulsation qui exacerbe et épanouit notre sensibilité, rendant nos émotions plus prégnantes.
L'état de bonheur est bien une humeur de champagne. Avec les trois caractéristiques généralement associées à ce vin : l'effervescence, l'explosivité et la griserie festive.
L'indifférence n'est-elle pas pas la marque d'une impuissance à être heureux ?
Les personnes bienheureuses intensifient leur état de bonheur en se côtoyant.
Accepter de rendre heureux permet de le devenir soi-même.
Le bonheur est un rendez-vous. Rendez-vous à votre Je(u), grand bal des mutations florissantes.
Vous êtes pleinement heureux, donc vous rendez heureux, car le bonheur déborde. Champagne ! L'autre est votre coupe et votre destination. L'anormalité pétillante et votre condition.
Les mots seuls pontifient : leur magie est fictive. Ils causent de tout mais ne causent rien.
Devenir sensible à la sensibilité, et trouver ainsi l'énergie de pousser plus avant, plus dehors, l'aventure de la rencontre.
Qu'un être de champagne surgisse au milieu de la masse maugréeuse, et c'est lui l'anormal, l'empêcheur de gémir en rond, de délinquant de la civilité grisâtre.
L'exhilaration : une mise en rêve et en ivresse de la vie même.
Renaître en permanence à chaque visage rencontré, chaque frottement. Ne pas préférer le rêve au vécu. Danser un rêve éveillé. Vivre au printemps.
On élude une difficulté. On élude une promesse. On élude la loi. On élude ce qui questionne ou embarrasse. Mais le bonheur répond, il n'embarrasse pas.
Le bonheur ne s'élude pas. Quand il est là, bien palpitant dans notre devenir, il nous ravit tant et si bien qu'espérer l'accroître ou le troquer contre un bonheur supérieur nous paraît incongru.
Il n'est jamais trop tôt pour philosopher.

Œuvres de Vincent Cespedes

I Loft You (2001)J'aime, donc je suis. A la découverte de votre philosophie amoureuse (2009)Je t'aime: Une autre politique de l'amour (2003)L'Ambition, ou l'épopée de soi (2013)L'Homme expliqué aux femmes (2010)Magique étude du Bonheur (2010)Mai 68 - La philosophie dans la rue! (2008)Maraboutés (2004)Maraboutés (2004), Guérit toutes les maladiesMaraboutés (2004), Voyance sur photoMélangeons-nous. Enquête sur l'alchimie humaine (2006)Radio Le Mouv', 19 mars 2014Tous philosophes ! 40 invitations à philosopher (2008)