Pour gagner, il faut en fait être le plus pervers - séduire ceux-là même que l'on va faire éliminer.
L'opinion, contagieuse, se propage d'abord de bouche à oreille, par ouï-dire, par rumeurs, par mégarde.
Le public est fasciné parce qu'il espère une perte de contrôle de la chaîne, il attend un dérapage, un clash, voire une rébellion interne.
Le monde de la chair, rayonnement intime de l'être, est ainsi haché menu par la technologie audiovisuelle.
A-t-on seulement vu une jouissance sans fatigue?
Aucune psychothérapie ne peut résorber la souffrance de ne plus souffrir dans sa chair, de souffrir seulement superficiellement, à la surface des choses.
On fait comme les autres, on dit comme les autres, on espère comme les autres, on se distingue même comme les autres.
Ce que cette télé-poubelle (trash-tv) jette aux ordures, c'est la gratuité des comportements et la sincérité des attaches, en d'autres termes ce qui rend l'être humain beau, loyal et bon.
La maturité s'obtient lorsque nous nous sentons en mesure de nous approprier lucidement notre existence, de nous en faire l'auteur, de signer chacun de nos choix en notre nom.
Seule la jeunesse, préférant à l'interconnexion le lien des sentiments réels, est à même d'inverser la politique de son désespoir.