Le cinéma est quelquefois réussi, quelquefois il ne l'est pas ; ce n'est pas la peine de croire qu'on le réussira mieux en y mettant des millions
Auteur
Jean-Pierre Mocky
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La vieillesse ne m'empêche pas de penser à l'avenir.
J'ai conçu « A mort l'arbitre ! » comme un film noir à la manière de ceux de Jules Dassin durant sa période américaine.
Moi, jadis, je mangeais beaucoup de steaks. Surtout aux Halles, quand j'étais jeune. Je travaillais de nuit et, à 7 heures du matin : un grand steak pour me maintenir en forme ! Aujourd'hui, je ne mange plus de viande, à cause des vaches folles. Vous en mangez encore, vous, des steaks ? Ah oui ?... Faut faire gaffe !
On me dit souvent que je dois jubiler à peindre des crapules. Pas du tout. Ça me fait seulement de la peine de les voir plumer les petites gens. Je ne filme des salauds que parce que personne ne le fait.
Je tourne vite et pas cher. Les films le deviennent – chers ! – quand ils sont faits par des prétentieux.
Oui, il y a, parfois, quelques raccords qui pèchent, faute de temps et d'argent. Mais la perfection de Titanic m'emmerde. Je la trouve hypocrite. La perfection n'est pas de ce monde, donc il y a forcément une faille. On perd du temps à la trouver. Avec moi, au moins, elle est visible... Si j'y passais plus de temps, mes films seraient plus léchés, plus lisses. Pas sûr qu'ils seraient meilleurs.
Faut que ça aille vite. Le but, c'est quand même de tourner le plus de films possibles avant de claquer. Serrault prétend que s'il va pisser, je suis capable d'avoir fini le plan, sans lui, avant qu'il ne revienne...
La corruption a toujours existé, mais dans le temps, on avait Stavisky : on le repérait, le gars ! Il me semble qu'il y a de plus en plus de magouilles, parce que les gens ont de plus en plus peur de la mort. Elle est cachée, niée. Vous en voyez, vous, des corbillards dans les rues ? Ils ressemblent à des limousines passe-partout... C'est l'angoisse devant le vide qui provoque cette ambition, ce goût du pouvoir démesuré, cet acharnement à posséder, par tous les moyens.
J'ai été marié plusieurs fois, mais il y a aussi le pacsage, je me suis marié officiellement 3 fois. Et j'ai été pacsé 2 fois. Et j'ai 17 enfants. Dit-on !
Aujourd'hui, les cinéastes travaillent pour deux raisons : avoir de l'argent et avoir des femmes. Ils ne s'intéressent plus aux problèmes sociétaux.
La vie, c'est quelque chose de bizarre. C'est le hasard, le destin, des rencontres…
J'ai connu beaucoup de personnes qui m'ont beaucoup aidé. Des femmes célèbres que tout le monde connaît comme Claudia Cardinale, puis Brigitte Bardot.
J'ai pu comme ça réaliser des films extrêmement variés. Il y a encore de grands sujets que je n'ai pas abordés, mais en tout j'ai quand même fait 80 films ! Aujourd'hui, les cinéastes travaillent pour deux raisons : avoir de l'argent et avoir des femmes. Ils ne s'intéressent plus tellement aux problèmes sociétaux…
Mon public, ce sont surtout des séniors – c'est-à-dire des gens de plus de 50 ans. Ce que je constate actuellement, c'est qu'il y a tout de même de plus en plus de jeunes qui s'y intéressent.
À cause des thématiques que j'abordais, personne ne me suivait. Quand j'ai voulu faire un « Un drôle de paroissien », ça a été très compliqué car les gens de la télévision me disaient que les catholiques n'iraient pas voir ce film qui parle de profanation. Finalement, ça a été un triomphe. Il a fait 50 millions d'entrées en 50 ans !
J'ai tourné avec 66 vedettes différentes. Là, je commence à ne plus avoir de vedettes. Là où je me retrouve un peu embêté, c'est que tous mes acteurs sont morts ! Gabin, Bourvil, Fernandel, de Funès… Je suis un peu dans un désert car je travaille avec des acteurs que je ne connais pas.
Récemment, j'ai tourné avec le chanteur Cali et l'humoriste Anne Roumanoff ! Je n'imaginais pas tourner un jour avec elle. Comme il n'y a plus beaucoup d'acteurs, on se tourne vers les chanteurs et les humoristes. Je commence aussi à réaliser un nouveau film avec Depardieu, et peut-être Franck Dubosc.
Je vais continuer à faire des films jusqu'à ma mort.
Je ne prends pas de retraite. Manoel de Oliveira est mort à 103 ans en réalisant un film. Je suis tombé récemment sur un reportage consacré à Charles Aznavour, qui est un copain. À 94 ans, il continue à faire des galas. À nos âges, on a la chance de pouvoir continuer à travailler.
J'ai essayé de m'attaquer aux grands problèmes de la société : les médicaments qui tuent, la pédophilie, l'adultère, la télé, la violence dans le foot, la politique, la justice.
Ce n'est pas rigolo d'essayer d'attirer du public dans les salles avec des films un peu particuliers.
Le type qui croit avoir fait un chef-d'oeuvre est un con. On ne peut pas être fier de ce qu'on fait, puisqu'on fait ce qu'on peut en réalité. Il y a tellement d'imprévus sur un film…
Le type qui croit avoir fait un chef-d'oeuvre est un con.
Tous mes comédiens fétiches sont morts, Serrault est mort, Galabru est mort… Je suis arrivé au bout, je les ai usés. Qui est-ce qu'il me reste, à présent? Alain Delon est malade, Jean-Louis Trintignant est aveugle, Guy Bedos ne veut plus rien faire...
Œuvres de Jean-Pierre Mocky
Cette fois je flingue de Jean-Pierre Mocky (2006)Entretien Le Progrès 19 septembre 2018Hommage Jean-Pierre Mocky, mort d’un anar du cinéma, Télérama, le 09 Aout 2019Interview accordée à Télé-Loisirs en 2018Interview au site Chaos Reign, mars 2019Interview aux Cahiers du cinéma, en 1987.Interview, France dimanche, le 4 Février 2019Je vais encore me faire des amis de Jean-Pierre Mocky (2015)Jean-Pierre Mocky le 6 janvier 1971 lors du tournage de son film \"L'Albatros\" entre Sarreguemines et WissembourgLa longue marche (2014)Libération, 10 janvier 2000, Jean-Pierre Mocky, la folie des glandeurs, Par Hervé AUBRONY'a-t'il un français dans la salle