Œuvre

Libération, 10 janvier 2000, Jean-Pierre Mocky, la folie des glandeurs, Par Hervé AUBRON

Je ne suis pas prétentieux, moi, j'aide à porter les projecteurs. C'est pas très juste, quand même.
Moi, au moins, si je rate un film, ça fait du mal à personne. Enfin, je touche des droits d'auteur, alors j'ai de quoi bouffer, c'est déjà ça. Je vis comme un cadre.
Je ne vis pas où je devrais vivre. En Tchécoslovaquie, je serais sûrement le roi du cinéma. Le Welles tchèque.
Je n'ai pas le destin de faire de grands films.
Je suis de la merde par rapport à Welles ou Stroheim. Mais les jeunes qui viennent après moi sont de la merde par rapport à moi. Et ainsi de suite. C'est une dégringolade épouvantable.
Ce qui fait marcher le monde, c'est le cul et l'argent. Les femmes sont terribles pour cela. Comme elles savent qu'on meurt avant elles, elles nous demandent tout de suite une assurance vie.