J'ai horreur de la lenteur. Ceci m'empêche d'aimer Melville, même si c'est notre maître à tous, le véritable précurseur avant Godard, Chabrol ou Truffaut.
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Moi, au moins, si je rate un film, ça fait du mal à personne. Enfin, je touche des droits d'auteur, alors j'ai de quoi bouffer, c'est déjà ça. Je vis comme un cadre.
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Un enfant, on le forme sinon, il devient con. Si vous ne voyez que des films d'action, vous deviendriez des cons. Il faut voir des films qui font réfléchir.
J'ai essayé de m'attaquer aux grands problèmes de la société : les médicaments qui tuent, la pédophilie, l'adultère, la télé, la violence dans le foot, la politique, la justice.
Comment expliquer ce paradoxe : un film sort et il est aussitôt étoilé : une, deux, trois étoiles, comme dans le Guide Michelin. Et même des quatre étoiles. Quand il passe à la télé, le film de quatre étoiles n'en a plus que deux ou une ou pas du tout. Je ne vois pas d'autre explication : on met une cotation d'office quand le film sort en salle pour faire venir les gens, et quand il passe à la télé, on note pour ce que ça vaut, ces cons de téléspectateurs vont avaler le navet cuit de toute façon.
Les enfants de riches se laissent plus facilement happer par le cinéma : n'ayant pas le souci de l'argent, ils peuvent, sur un caprice, embrasser ce métier très aléatoire. À l'inverse, les enfants de pauvres doivent trouver coûte que coûte un emploi pour subvenir à leurs besoins, et, le cas échéant, ceux de leur famille. S'ils veulent faire du cinéma, ils ont un accès limité aux sources financières. Cela fut et demeure mon cas.
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Je ne suis pas prétentieux, moi, j'aide à porter les projecteurs. C'est pas très juste, quand même.
Je ne vis pas où je devrais vivre. En Tchécoslovaquie, je serais sûrement le roi du cinéma. Le Welles tchèque.
Je n'ai pas le destin de faire de grands films.
Je suis de la merde par rapport à Welles ou Stroheim. Mais les jeunes qui viennent après moi sont de la merde par rapport à moi. Et ainsi de suite. C'est une dégringolade épouvantable.
Ce qui fait marcher le monde, c'est le cul et l'argent. Les femmes sont terribles pour cela. Comme elles savent qu'on meurt avant elles, elles nous demandent tout de suite une assurance vie.