Les enfants de riches se laissent plus facilement happer par le cinéma : n'ayant pas le souci de l'argent, ils peuvent, sur un caprice, embrasser ce métier très aléatoire. À l'inverse, les enfants de pauvres doivent trouver coûte que coûte un emploi pour subvenir à leurs besoins, et, le cas échéant, ceux de leur famille. S'ils veulent faire du cinéma, ils ont un accès limité aux sources financières. Cela fut et demeure mon cas.

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Les étoiles des critiques ? On se croirait à une distribution de prix à la fin de l'année. Les critiques sont-ils des profs et nous des élèves ? Quelle connerie !
Faut que ça aille vite. Le but, c'est quand même de tourner le plus de films possibles avant de claquer. Serrault prétend que s'il va pisser, je suis capable d'avoir fini le plan, sans lui, avant qu'il ne revienne...
Beaucoup de jeunes choisissent une profession chiante mais qui offre une sécurité. Dans la vie, il faut être libre et faire ce qu'on veut. Ce qui est difficile à accepter, c'est qu'un pianiste devienne plombier.
J'ai tourné avec 66 vedettes différentes. Là, je commence à ne plus avoir de vedettes. Là où je me retrouve un peu embêté, c'est que tous mes acteurs sont morts ! Gabin, Bourvil, Fernandel, de Funès… Je suis un peu dans un désert car je travaille avec des acteurs que je ne connais pas.
Je vais continuer à faire des films jusqu'à ma mort.
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Lorsque la sacro-sainte Académie des arts et techniques du cinéma, qui, jusque-là, avait fait très peu de cas de mon travail, m'a téléphoné pour me proposer un césar d'honneur, je les ai envoyés aux pelotes ! Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ? La bonne conscience de la profession, je m'assois dessus. Je suis loin de me prendre pour un génie, mais quand Mozart est mort, il a été enterré dans la fosse commune. Alors, un césar...
Les réalisateurs d'aujourd'hui sont tellement inféodés aux exigences racoleuses de leurs producteurs qu'ils finissent par y perdre leur âme.
J'ai beau avoir commencé ma carrière de cinéaste il y a plus d'un demi-siècle, je m'estime moins bon que ceux qui m'ont inspiré. Et mes successeurs sont pires encore. Fritz Lang, Luis Buñuel et Orson Welles ont ouvert la voie. Godard, Chabrol et moi sommes arrivés derrière. Qui saura prendre le relais ?
Aujourd'hui, il est de bon ton, chez les professionnels de la profession, de s'extasier devant des mélos aussi dégoulinants et surfaits qu'Amour, De rouille et d'os ou Le Gamin au vélo...
Michael Haneke, Jacques Audiard et les frères Dardenne ont le don de me hérisser le poil. Non seulement ils n'ont rien inventé, mais ce sont des emmerdeurs opportunistes. Côté comédie, on n'est pas mieux lotis. Après les pionniers que furent Charlie Chaplin, Buster Keaton et Mack Sennett, il y eut Jacques Tati – lequel, sauf le respect que je dois à son immense talent, s'imprégna copieusement de leurs inventions.