Je suis de la merde par rapport à Welles ou Stroheim. Mais les jeunes qui viennent après moi sont de la merde par rapport à moi. Et ainsi de suite. C'est une dégringolade épouvantable.

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Bourvil a passé l'arme à gauche à 53 ans. Tous les grands comiques meurent jeunes. De Peter Sellers à Francis Blanche, de Fernandel à de Funès et Coluche...Comme si faire rire faisait mourir.
Moi, jadis, je mangeais beaucoup de steaks. Surtout aux Halles, quand j'étais jeune. Je travaillais de nuit et, à 7 heures du matin : un grand steak pour me maintenir en forme ! Aujourd'hui, je ne mange plus de viande, à cause des vaches folles. Vous en mangez encore, vous, des steaks ? Ah oui ?... Faut faire gaffe !
Je ne prends pas de retraite. Manoel de Oliveira est mort à 103 ans en réalisant un film. Je suis tombé récemment sur un reportage consacré à Charles Aznavour, qui est un copain. À 94 ans, il continue à faire des galas. À nos âges, on a la chance de pouvoir continuer à travailler.
Si mon dernier film faisait vingt millions d'entrées, cela changerait la donne. L'industrie cinématographique s'en verrait transfigurée. Les gens du métier se diraient : « Puisque Mocky a réussi avec un film bizarre, pourquoi ne pas nous mettre, nous aussi, à faire des films bizarres ? » Seulement voilà : comme les niaiseries formatées ont du succès, on en sort treize à la douzaine, tout en laissant des Mocky continuer à tourner dans leur coin des films qui croupissent au frigidaire. Car, c'est bien connu, on ne prête qu'aux riches.
Beaucoup de jeunes choisissent une profession chiante mais qui offre une sécurité. Dans la vie, il faut être libre et faire ce qu'on veut. Ce qui est difficile à accepter, c'est qu'un pianiste devienne plombier.
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Je ne suis pas prétentieux, moi, j'aide à porter les projecteurs. C'est pas très juste, quand même.
Moi, au moins, si je rate un film, ça fait du mal à personne. Enfin, je touche des droits d'auteur, alors j'ai de quoi bouffer, c'est déjà ça. Je vis comme un cadre.
Je ne vis pas où je devrais vivre. En Tchécoslovaquie, je serais sûrement le roi du cinéma. Le Welles tchèque.
Je n'ai pas le destin de faire de grands films.
Ce qui fait marcher le monde, c'est le cul et l'argent. Les femmes sont terribles pour cela. Comme elles savent qu'on meurt avant elles, elles nous demandent tout de suite une assurance vie.