Mon public, ce sont surtout des séniors – c'est-à-dire des gens de plus de 50 ans. Ce que je constate actuellement, c'est qu'il y a tout de même de plus en plus de jeunes qui s'y intéressent.

À lire aussi de Jean-Pierre Mocky

Beethoven, Modigliani, Welles : trois grands artistes lâchés par leurs contemporains, mais dont l'œuvre exceptionnelle est gravée dans l'histoire. Pendant ce temps-là, des centaines d'autres, encensés de leur vivant, accouchaient de nullités dont on a retenu peau de balle. Depuis, rien n'a changé.
Je ne suis pas prétentieux, moi, j'aide à porter les projecteurs. C'est pas très juste, quand même.
Aujourd'hui, il est de bon ton, chez les professionnels de la profession, de s'extasier devant des mélos aussi dégoulinants et surfaits qu'Amour, De rouille et d'os ou Le Gamin au vélo...
Lorsque la sacro-sainte Académie des arts et techniques du cinéma, qui, jusque-là, avait fait très peu de cas de mon travail, m'a téléphoné pour me proposer un césar d'honneur, je les ai envoyés aux pelotes ! Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ? La bonne conscience de la profession, je m'assois dessus. Je suis loin de me prendre pour un génie, mais quand Mozart est mort, il a été enterré dans la fosse commune. Alors, un césar...
Naturellement, il sera question des Gilets Jaunes dans mon prochain film, parce que j'ai mon opinion sur le sujet. Je les défends, ce sont de braves types. J'ai passé trois nuits avec ces gens-là, sur des barrages. En fait, ça fait office d'agences matrimoniales, leur truc. Ou de clubs de rencontres, si vous préférez. Ce sont des solitaires à la base, des petits retraités, des petits jeunes… et qui, peut-être pour la première fois de leur vie, nouent des liens, parce qu'ils n'ont rien d'autre à faire une fois sur place.
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Aujourd'hui, les cinéastes travaillent pour deux raisons : avoir de l'argent et avoir des femmes. Ils ne s'intéressent plus aux problèmes sociétaux.
La vie, c'est quelque chose de bizarre. C'est le hasard, le destin, des rencontres…
J'ai connu beaucoup de personnes qui m'ont beaucoup aidé. Des femmes célèbres que tout le monde connaît comme Claudia Cardinale, puis Brigitte Bardot.
J'ai pu comme ça réaliser des films extrêmement variés. Il y a encore de grands sujets que je n'ai pas abordés, mais en tout j'ai quand même fait 80 films ! Aujourd'hui, les cinéastes travaillent pour deux raisons : avoir de l'argent et avoir des femmes. Ils ne s'intéressent plus tellement aux problèmes sociétaux…
À cause des thématiques que j'abordais, personne ne me suivait. Quand j'ai voulu faire un « Un drôle de paroissien », ça a été très compliqué car les gens de la télévision me disaient que les catholiques n'iraient pas voir ce film qui parle de profanation. Finalement, ça a été un triomphe. Il a fait 50 millions d'entrées en 50 ans !