Les réalisateurs d'aujourd'hui sont tellement inféodés aux exigences racoleuses de leurs producteurs qu'ils finissent par y perdre leur âme.
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Aujourd'hui, les cinéastes travaillent pour deux raisons : avoir de l'argent et avoir des femmes. Ils ne s'intéressent plus aux problèmes sociétaux.
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Je tourne vite et pas cher. Les films le deviennent – chers ! – quand ils sont faits par des prétentieux.
J'ai conçu « A mort l'arbitre ! » comme un film noir à la manière de ceux de Jules Dassin durant sa période américaine.
Bourvil a passé l'arme à gauche à 53 ans. Tous les grands comiques meurent jeunes. De Peter Sellers à Francis Blanche, de Fernandel à de Funès et Coluche...Comme si faire rire faisait mourir.
Comment expliquer ce paradoxe : un film sort et il est aussitôt étoilé : une, deux, trois étoiles, comme dans le Guide Michelin. Et même des quatre étoiles. Quand il passe à la télé, le film de quatre étoiles n'en a plus que deux ou une ou pas du tout. Je ne vois pas d'autre explication : on met une cotation d'office quand le film sort en salle pour faire venir les gens, et quand il passe à la télé, on note pour ce que ça vaut, ces cons de téléspectateurs vont avaler le navet cuit de toute façon.
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La vie, c'est quelque chose de bizarre. C'est le hasard, le destin, des rencontres…
J'ai connu beaucoup de personnes qui m'ont beaucoup aidé. Des femmes célèbres que tout le monde connaît comme Claudia Cardinale, puis Brigitte Bardot.
J'ai pu comme ça réaliser des films extrêmement variés. Il y a encore de grands sujets que je n'ai pas abordés, mais en tout j'ai quand même fait 80 films ! Aujourd'hui, les cinéastes travaillent pour deux raisons : avoir de l'argent et avoir des femmes. Ils ne s'intéressent plus tellement aux problèmes sociétaux…
Mon public, ce sont surtout des séniors – c'est-à-dire des gens de plus de 50 ans. Ce que je constate actuellement, c'est qu'il y a tout de même de plus en plus de jeunes qui s'y intéressent.
À cause des thématiques que j'abordais, personne ne me suivait. Quand j'ai voulu faire un « Un drôle de paroissien », ça a été très compliqué car les gens de la télévision me disaient que les catholiques n'iraient pas voir ce film qui parle de profanation. Finalement, ça a été un triomphe. Il a fait 50 millions d'entrées en 50 ans !