Je tourne vite et pas cher. Les films le deviennent – chers ! – quand ils sont faits par des prétentieux.

À lire aussi de Jean-Pierre Mocky

Beaucoup de jeunes choisissent une profession chiante mais qui offre une sécurité. Dans la vie, il faut être libre et faire ce qu'on veut. Ce qui est difficile à accepter, c'est qu'un pianiste devienne plombier.
Oui, il y a, parfois, quelques raccords qui pèchent, faute de temps et d'argent. Mais la perfection de Titanic m'emmerde. Je la trouve hypocrite. La perfection n'est pas de ce monde, donc il y a forcément une faille. On perd du temps à la trouver. Avec moi, au moins, elle est visible... Si j'y passais plus de temps, mes films seraient plus léchés, plus lisses. Pas sûr qu'ils seraient meilleurs.
Naturellement, il sera question des Gilets Jaunes dans mon prochain film, parce que j'ai mon opinion sur le sujet. Je les défends, ce sont de braves types. J'ai passé trois nuits avec ces gens-là, sur des barrages. En fait, ça fait office d'agences matrimoniales, leur truc. Ou de clubs de rencontres, si vous préférez. Ce sont des solitaires à la base, des petits retraités, des petits jeunes… et qui, peut-être pour la première fois de leur vie, nouent des liens, parce qu'ils n'ont rien d'autre à faire une fois sur place.
Ce qui fait marcher le monde, c'est le cul et l'argent. Les femmes sont terribles pour cela. Comme elles savent qu'on meurt avant elles, elles nous demandent tout de suite une assurance vie.
Le type qui croit avoir fait un chef-d'oeuvre est un con. On ne peut pas être fier de ce qu'on fait, puisqu'on fait ce qu'on peut en réalité. Il y a tellement d'imprévus sur un film…
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Dans la même œuvre

Moi, jadis, je mangeais beaucoup de steaks. Surtout aux Halles, quand j'étais jeune. Je travaillais de nuit et, à 7 heures du matin : un grand steak pour me maintenir en forme ! Aujourd'hui, je ne mange plus de viande, à cause des vaches folles. Vous en mangez encore, vous, des steaks ? Ah oui ?... Faut faire gaffe !
On me dit souvent que je dois jubiler à peindre des crapules. Pas du tout. Ça me fait seulement de la peine de les voir plumer les petites gens. Je ne filme des salauds que parce que personne ne le fait.
Oui, il y a, parfois, quelques raccords qui pèchent, faute de temps et d'argent. Mais la perfection de Titanic m'emmerde. Je la trouve hypocrite. La perfection n'est pas de ce monde, donc il y a forcément une faille. On perd du temps à la trouver. Avec moi, au moins, elle est visible... Si j'y passais plus de temps, mes films seraient plus léchés, plus lisses. Pas sûr qu'ils seraient meilleurs.
Faut que ça aille vite. Le but, c'est quand même de tourner le plus de films possibles avant de claquer. Serrault prétend que s'il va pisser, je suis capable d'avoir fini le plan, sans lui, avant qu'il ne revienne...
La corruption a toujours existé, mais dans le temps, on avait Stavisky : on le repérait, le gars ! Il me semble qu'il y a de plus en plus de magouilles, parce que les gens ont de plus en plus peur de la mort. Elle est cachée, niée. Vous en voyez, vous, des corbillards dans les rues ? Ils ressemblent à des limousines passe-partout... C'est l'angoisse devant le vide qui provoque cette ambition, ce goût du pouvoir démesuré, cet acharnement à posséder, par tous les moyens.