L'art est fait d'oppression, de tragédie, criblées discontinûment par l'irruption d'une joie qui inonde son site, puis repart.
C'est l'enthousiasme qui soulève le poids des années. C'est la supercherie qui relate la fatigue du siècle.
La vie commencerait par une explosion et finirait par un concordat? C'est absurde.
Nous sommes écartelés entre l'avidité de connaître et le désespoir d'avoir connu. L'aiguillon ne renonce pas à sa cuisson et nous à notre espoir.
Je n'ai qu'à prendre ta main pour changer le cours de tes rêves.
La seule signature au bas de la vie blanche, c'est la poésie qui la dessine.
Etre - Le premier venu.
Les boueurs de poésie sont en général privés du sentiment de la poésie; inaptes à percer les voies de son action. Il faut être l'homme de la pluie et l'enfant du beau temps.
Si la vie ne pouvait être que du sommeil désappointé.
Allez à l'essentiel : n'avez-vous pas besoin de jeunes arbres pour reboiser votre forêt ?
L'éclair me dure. La poésie me volera de la mort.
Je ne puis être et ne veux vivre que dans l'espace et dans la liberté de mon amour.
Les arbres ne se questionnent pas entre eux, mais trop rapprochés, ils font le geste de s'éviter.
On ne peut se retirer de la vie des autres et s'y laisser soi.
Les oiseaux libres ne souffrent pas qu'on les regarde. Demeurons obscurs, renonçons à nous, près d'eux.
Il semble que l'on naît toujours à mi-chemin du commencement et de la fin du monde. Nous grandissons en révolte ouverte presque aussi furieusement contre ce qui nous entraîne que contre ce qui nous retient.
Sur les arêtes de notre amertume, l'aurore de la conscience s'avance et dépose son limon.
Nous vivons avec quelques arpents de passé, les gais mensonges du présent et la cascade furieuse de l'avenir.
Epouse et n'épouse pas ta maison.
L'instant est une particule concédée par le temps et enflammée par nous.
Celui qui dompte le lion, devient l'esclave du lion. Ce qu'il faut, c'est faire du feu entre lui et toi.
La poésie est de toutes les eaux claires celle qui s'attarde le moins aux reflets de ses ponts.
Poésie, la vie future à l'intérieur de l'homme requalifié.
Les femmes sont amoureuses et les hommes sont solitaires. Ils se volent mutuellement la solitude et l'amour.
Nous n'appartenons à personne sinon au point d'or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence.
Œuvres de René Char
A une sérénité crispéeAllégeanceAromates chasseurs (1976)Artine (1930)Chants de la Balandrane (1977)Cité par Jacques Prévert dans Spectacle (1951).Commune présence (1964)Dans la pluie giboyeuse (1968)Eloge d'une soupçonnée (1988)Fenêtres dormantes et porte sur le toit (1979)Feuillets d'Hypnos (1946)Feuillets d'Hypnos (1946), n° 198Fureur et Mystère (1948)Fureur et Mystère (1948), Le poème pulvériséFureur et Mystère (1948), Seuls demeurent (1938-1944), Partage formelL'Age cassant (1965)La Parole en archipelLa Parole en archipel (1962)La nuit talismanique (1972), Vers aphoristiquesLa nuit talismanique qui brillait dans son cercle (1972), Volets tirés fendus