Agir en primitif et prévoir en stratège.
Au plus fort de l'orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C'est l'oiseau inconnu. Il chante avant de s'envoler.
Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.
Ecoute, mais n'entends pas.
Il faut être l'homme de la pluie et l'enfant du beau temps.
Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière.
Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire des noeuds.
Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront.
Je ris merveilleusement avec toi. Voilà la chance unique.
L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté.
L'acte est vierge, même répété.
L'eau est lourde à un jour de la source.
L'éternité n'est guère plus longue que la vie.
L'impossible, nous ne l'atteignons pas, mais il nous sert de lanterne.
La perte du croyant, c'est de rencontrer son église.
La terre qui reçoit la graine est triste. La graine qui va tant risquer est heureuse.
Le fruit est aveugle. C'est l'arbre qui voit.
On naît avec les hommes, on meurt inconsolé parmi les dieux.
Prend-on la vie autrement que par les épines?
Si la vie pouvait n'être que du sommeil désappointé.
Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t'es promis à toi seul.
Toute respiration propose un règne.
Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir.
Ne t'attarde pas à l'ornière des résultats.
Nous sommes pareils à ces crapauds qui dans l'austère nuit des marais s'appellent et ne se voient pas, ployant à leur cri d'amour toute fatalité de l'univers.
Œuvres de René Char
A une sérénité crispéeAllégeanceAromates chasseurs (1976)Artine (1930)Chants de la Balandrane (1977)Cité par Jacques Prévert dans Spectacle (1951).Commune présence (1964)Dans la pluie giboyeuse (1968)Eloge d'une soupçonnée (1988)Fenêtres dormantes et porte sur le toit (1979)Feuillets d'Hypnos (1946)Feuillets d'Hypnos (1946), n° 198Fureur et Mystère (1948)Fureur et Mystère (1948), Le poème pulvériséFureur et Mystère (1948), Seuls demeurent (1938-1944), Partage formelL'Age cassant (1965)La Parole en archipelLa Parole en archipel (1962)La nuit talismanique (1972), Vers aphoristiquesLa nuit talismanique qui brillait dans son cercle (1972), Volets tirés fendus