On a le droit de bâtir sa vie sur un pressentiment.
Auteur
Philippe Besson
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Il nous arrive d'être ébahis devant des montagnes, des océans, des soleils, d'être impressionnés par ce qui est hors de notre portée, par ce que nos esprits seraient incapables de concevoir.
Les hommes d'ici ne sont pas très causants. Ils ne se confient pas volontiers, sûr, ce sont des êtres de peu de mots, de peu de gestes. Ils marchent à l'économie. Des sentiments aussi, ils sont économes.
Je me souviens enfin de cette phrase prononcée alors que j'étais une enfant encore: «Quand on a fait l'expérience de la liberté, comment y renoncer?»
Il croit que l'Histoire ne sauvegarde que la gravité, le désespoir ou la mélancolie. La légèreté sera balayée selon lui. «L'eau de rose ne se conserve pas: on ne se souvient que du sang».
Il est des incuriosités qui ressemblent à s'y méprendre à des abandons.
Que le temps passe plus vite, quand l'ennui l'étire.
Le chagrin, ça nimbe. Et puis ça éloigne de soi tout soupçon de méchanceté et de médiocrité.
Il y a des femmes qui, en perdant leurs hommes, se perdent elles-mêmes.
On ne renonce jamais vraiment aux espoirs les plus insensés.
Endosser la responsabilité d'un échec, c'est le plus sûr moyen qu'on ne vous le reproche pas, qu'on n'ose pas vous le reprocher.
Nous sommes ainsi faits : une fois qu'on nous a indiqué quel cadeau nous allons recevoir, nous ne brûlons que d'une seule envie, c'est de le recevoir, et au plus vite.
Partir, c'est un arrachement, une manière d'amputation. Rompre, c'est une violence. Dans l'expatriation, on perd nécessairement une part de soi.
Les lieux sont aussi des liens. Et ils sont notre mémoire.
Je lui ai murmuré que je l'aimais. C'est la phrase qui m'est venue. Ce n'est pas une phrase que j'employais souvent. Parfois, on est submergé, les mots déboulent sans qu'on les commande.
Il faudrait toujours rester sur ses gardes. Et ne pas oublier que ceux qui veulent nous nuire sont peu traversés par les états d'âme.
Il faudrait toujours rester sur ses gardes. Et ne pas oublier que ceux qui veulent nous nuire sont peu traversés par des états d'âme.
Simon vient d'apprendre ce qu'est la précarité, ce que c'est que de tout perdre en un instant.
Il dit : Mais je te préfère maintenant avec ce corps alourdi, les traits affaissés, la peau crevassée. Je t'aimerais moins s'il n'y avait pas tout ce temps sur toi, toutes ces années. Je pense même que je ne t'aimerais pas du tout.
Elle a la légèreté des femmes coupables ayant occulté leur culpabilité.
Et puis, le temps guérit de tout et ne laisse à la surface que les images que nous voulons bien conserver.
Elle se demande si les couples qui ont la météo pour sujet de conversation sont ceux qui n'ont plus rien à se dire ou sont, au contraire, les plus solides.
Les plages sont, du reste, les seuls lieux qui ne nous déçoivent jamais et que la mémoire ne salit pas.
Ca vous arrive de ne pas savoir où puiser la force de continuer ?
Elle oublie sa tristesse, pour un moment. Cette tristesse des femmes seules, qu'on suppose courageuses parce qu'elles ne se plaignent pas, mais qui saute aux yeux de quelque jeune inconnu, parfois, au beau milieu d'une foule.
Œuvres de Philippe Besson
De là, on voit la mer (2013)En l'absence des hommes (2001)L'Arrière-saison (2002)La Maison atlantique (2014)La Trahison de Thomas Spencer (2009)Les Amants (2005)Les Jours fragiles (2004)Les jours fragilesRetour parmi les hommes (2011)Se résoudre aux adieux (2007)Un garçon d'Italie (2003)Un homme accidentel (2008)Un instant d'abandon (2005)Une bonne raison de se tuer (2012)Vivre vite (2015)