Il est des incuriosités qui ressemblent à s'y méprendre à des abandons.

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Je t'écris parce que t'écrire, c'est être avec toi.
Le chagrin, ça nimbe. Et puis ça éloigne de soi tout soupçon de méchanceté et de médiocrité.
Il faut arranger nos souvenirs. Sans ça, la vie n'est pas supportable.
Et, à l'instar des vrais scélérats, nous avons décidé de vivre cachés, dissimulés aux regards, dérobés aux jugements. Nous n'éprouvions pas de honte mais nous redoutions l'opprobre, le déferlement de haine et de mépris, les crachats.
Il ne suffit pas de devenir un autre; il faut avoir le courage de devenir soi.
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Je me souviens enfin de cette phrase prononcée alors que j'étais une enfant encore: «Quand on a fait l'expérience de la liberté, comment y renoncer?»
Il croit que l'Histoire ne sauvegarde que la gravité, le désespoir ou la mélancolie. La légèreté sera balayée selon lui. «L'eau de rose ne se conserve pas: on ne se souvient que du sang».
Partir, c'est un arrachement, une manière d'amputation. Rompre, c'est une violence. Dans l'expatriation, on perd nécessairement une part de soi.
Les lieux sont aussi des liens. Et ils sont notre mémoire.