Œuvre
En l'absence des hommes (2001)
Je crois qu'on survit à tout. Je crois que la vie est plus forte. Je crois que le temps est assassin et balaye les visages du passé en emportant avec lui les épreuves qu'on pensait ne pas pouvoir surmonter.
Le temps guérit de tout et ne laisse à la surface que les images que nous voulons bien conserver.
C'est ça précisément l'amour d'une mère, cette effusion immense, ce débordement comme on le dit d'un fleuve qui déborde de son lit.
Je t'écris parce que t'écrire, c'est être avec toi.
Et puis, le temps guérit de tout et ne laisse à la surface que les images que nous voulons bien conserver.
Un soldat mort, c'est un monde qui s'écroule assurément. Et deux corps qui roulent dans la chaleur d'un lit, c'est un monde qui renait. Pense aux renaissances, aux reconquêtes. Ne meurs pas. Ne meurs pas.
Tu es entré dans ma vie, tu y occupes la première place, tu as opéré ce changement spectaculaire, cette merveilleuse dévastation, rien ne sera plus pareil, rien n'est déjà plus pareil.