Auteur

Michel Tournier

Pour percer le mur de notre cécité et de notre surdité, il faut que les signes nous frappent à coups redoublés. Pour comprendre que tout est symbole et parabole de par le monde, il ne nous manque qu'une capacité d'attention infinie.
Le désespoir suppose un minimum de répit.
Et voici qu'il avait la révélation que la Prusse-Orientale était tout entière une constellation d'allégories, et qu'il lui appartenait de se glisser en chacune d'elles, non seulement comme une clé dans une serrure, mais comme une flamme dans un lampion.
Un livre écrit, mais non lu, n'existe pas pleinement. Il ne possède qu'une demi-existence. C'est une virtualité, un être exsangue, vide, malheureux qui s'épuise dans un appel à l'aide pour exister.
Tous les hommes qu'il voyait s'affairer autour de lui paraissaient laids, grossiers, brutaux et cruels, et il se demandait s'il arriverait à reprendre l'habitude de vivre avec ses semblables.
Je ne tiens pas tellement à être dans la Pléiade, ce que je veux c'est être lu et vous n'êtes pas tellement lu dans la Pléiade, c'est du spectacle, de la contemplation. Heureusement, il y a les livres de poche, alors là, ça y va.
Si on définit l'intelligence comme la faculté d'apprendre des choses nouvelles, de trouver des solutions à des problèmes se présentant pour la première fois, qui donc est plus intelligent que l'enfant ?
L'artiste est expansif, généreux, centrifuge. Le photographe est avare, avide, gourmand, centripète.
Voyez-vous, dit-il, l'avantage des tempêtes, c'est qu'elles vous libèrent de tout souci. Contre les éléments déchaînés, il n'y a rien à faire. Alors on ne fait rien. On s'en remet au destin.
L'année ne commence pas le 1er janvier, elle commence le 21 mars. Par quelle aberration a-t-on pu détacher ainsi le calendrier humain de la grande horloge cosmique qui règle la ronde des saisons ?
La pauvreté prive un homme de toute vertu : il est difficile à un sac vide de se tenir debout.
A force de frapper à coups redoublés sur la même porte, elle finit toujours par s'ouvrir. Ou alors c'est une porte voisine, qu'on n'avait pas vue, qui s'entrebâille, et c'est encore plus beau.
Il faut juger sévèrement la prétention du mariage qui est de ressouder aussi étroitement et indissolublement que possible ce qui fut dissocié. Ne réunissez pas ce que Dieu a séparé.
La pauvreté d'un peuple se mesure à la splendeur de ses fêtes. Inversement l'élévation progressive du niveau de vie s'accompagne d'un dépérissement progressif des festivités.
L'admiration est comme une nébuleuse originelle d'où sortent plus tard, par vieillissement et refroidissement, et l'amour et l'amitié.
L'une des vertus primordiales des enfants, c'est de ramener leurs parents par la force de l'éducation aux principes élémentaires de leur culture.
Je sais maintenant que je ne retrouverai la lumière et le repos que le jour où je verrai se fondre dans la même image l'éphémère et bouleversante vérité humaine et la divine grandeur de l'éternité.
Si tu attends d'un autre qu'il te donne du plaisir ou de la joie, l'aimes-tu ? Non. Tu n'aimes que toi-même. Tu lui demandes de se mettre au service de ton amour pour toi-même.
Parce que dans un groupe d'hommes, celui qui ne ressemble pas aux autres est toujours détesté.
Pour se faire obéir, fût-ce d'un roi, il n'est rien de tel que de lui commander l'acte qu'il souhaite du fond du coeur accomplir.
Contre les éléments déchaînés, il n'y a rien à faire. Alors on ne fait rien. On s'en remet au destin.
A nos âges, le passé est un abîme béant où il est mortellement doux de se laisser glisser.
Il est tellement plus facile de faire des projets de livres que d'écrire des livres.
Quand on entreprend un voyage comme celui que vous faites, lui dit-il après avoir tiré une bouffée de sa pipe, on part quand on le veut, mais on arrive quand Dieu le veut.
Regarde, lui dit il, les choses sont tristes, elle pleurent. Les arbres pleurent, les rochers pleurent, les nuages pleurent, et moi je pleurent avec eux. Ouh ouh ouh ! La pluie, c'est le grand chagrin de l'ile et de tout...

Œuvres de Michel Tournier

Célébrations (1999)Célébrations (1999), Naturalia: Le chevalDes clefs et des serrures (1983)Eléazar ou la Source et le Buisson (1996)Entretien sur France Culture, juin 2015.Gaspard, Malchior et Balthazar (1980)Gaspard, Melchior et Balthazar (1980)Gilles & JeanneGilles et Jeanne (1983)Interview dans Libération, 25 Décembre 1999.Journal extime (2002)La Goutte d'Or (1985)La fugue du petit PoucetLa goutte d'orLa jeune fille et la mortLe Coq de bruyèreLe Coq de bruyère (1978)Le Miroir des idées (1994)Le Médianoche amoureux (1989)Le Roi des Aulnes (1970)