Hélas! il n'y a que les infortunés qui sentent le prix des âmes bienfaisantes.
Auteur
Jean-Jacques Rousseau
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Ainsi nul ne dit jamais ce qu'il pense, mais ce qu'il lui convient de faire penser à autrui; et le zèle apparent de la vérité n'est jamais en eux que le masque de l'intérêt.
Il me paraît donc certain que non seulement les gouvernements n'ont point commencé par le pouvoir arbitraire, qui n'en est que la corruption, le terme extrême, et qui les ramène enfin à la seule loi du plus fort, dont ils furent d'abord le remède.
Un père n'a point de choix et ne doit point avoir de préférence dans la famille que Dieu lui donne: tous ses enfants sont également ses enfants; il leur doit à tous les mêmes soins et la même tendresse.
On n'aime qu'après avoir jugé, on ne préfère qu'après avoir comparé.
La prévoyance a toujours gâté chez moi la jouissance. J'ai vu l'avenir à pure perte: je n'ai jamais pu l'éviter.
Il faut premièrement faire ce qu'on doit, et puis prier quand on le peut; voilà la règle que je tâche de suivre.
Quand j'étais chez quelqu'un à la campagne, le besoin de faire de l'exercice et de respirer le grand air me faisait souvent sortir seul, et m'échappant comme un voleur, je m'allais promener dans le parc ou dans la campagne.
Les enfants qu'on presse trop de parler n'ont le temps ni d'apprendre à bien prononcer, ni de bien concevoir ce qu'on leur fait dire.
Celui que sa puissance met au-dessus de l'homme doit être au-dessus des faiblesses de l'humanité, sans quoi cet excès de force ne servira qu'à le mettre en effet au-dessous des autres et de ce qu'il eût été lui-même s'il fut resté leur égal.
La reconnaissance est bien un devoir qu'il faut rendre, mais non pas un droit qu'on puisse exiger.
La guerre n'est donc point une relation d'homme à homme, mais une relation d'Etat à Etat, dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu'accidentellement.
L'homme est naturellement bon et c'est la société qui le déprave.
L'obéissance au seul appétit est esclavage et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
On sèvre trop tôt tous les enfants. Le temps où l'on doit les sevrer est indiqué par l'éruption des dents, et cette éruption est communément pénible et douloureuse.
En quelque étude que ce puisse être, sans l'idée des choses représentées, les signes représentants ne sont rien. On borne pourtant toujours l'enfant à ces signes, sans jamais pouvoir lui faire comprendre aucune des choses qu'ils représentent.
La chasse endurcit le coeur aussi bien que le corps; elle accoutume au sang, à la cruauté.
Les langueurs de l'amour ne naissent que dans un doux repos; un violent exercice étouffe les sentiments tendres.
Les passions de la jeunesse ne se partagent pas ainsi: donnez-lui une seule occupation qu'elle aime, et tout le reste sera bientôt oublié.
La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point: elle est la même, ou elle est autre; il n'y a point de milieu.
Tous les animaux ont exactement les facultés nécessaires pour se conserver. L'homme seul en a de superflues. N'est-il pas bien étrange que ce superflu soit l'instrument de sa misère?
Ce qui nous est défendu par la conscience n'est pas d'être tentés, mais de nous laisser vaincre aux tentations.
C'est un grand et beau spectacle que de voir l'homme sortir en quelque manière du néant par ses propres efforts.
Je n'y pense jamais sans sentir combien sont trompeurs les jugemens fondés sur l'apparence, auxquels le vulgaire donne tant de poids, et combien souvent l'audace et la fierté sont du côté du coupable, la honte et l'embarras du côté de l'innocent.
La plante mise en liberté garde l'inclinaison qu'on l'a forcée à prendre; mais la sève n'a point changé pour cela sa direction primitive; et, si la plante continue à végéter, son prolongement redevient vertical.
Œuvres de Jean-Jacques Rousseau
Considérations sur le gouvernement de Pologne (1770-1771)Correspondance, à M Le Prince de Beloselski , Paris, 27 mai 1775.Correspondance, à M. David Hume, 10 juillet 1766Correspondance, à M. MoultonCorrespondance, à M. Moulton (A propos de Voltaire)Correspondance, à M. PictetCorrespondance, à M. de MalesherbesCorrespondance, à M. de Malesherbes, 12 janvier 1762Correspondance, à Mgr l'Archevêque de ParisCorrespondance, à un jeune hommeDernière réponse, à M. Bordes (1752)DialogueDictionnaire de musique (1767)Discours contre les sciencesDiscours sur l'inégalité (1755)Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), IIDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), NotesDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), Seconde partieDiscours sur l'économie politique (1755)