Œuvre
Du contrat social (1762)
C'est une prévoyance très nécessaire de sentir qu'on ne peut tout prévoir.
Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe.
L'homme est né libre et partout il est dans les fers.
L'ordre social ne vient pas de la nature. Il est fondé sur des conventions.
Le chef est l'image du père, le peuple est l'image des enfants, et tous étant nés égaux et libres n'aliènent leur liberté que pour leur utilité.
Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n'ont rien.
Renoncer à sa liberté c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs.
J'appelle République tout Etat régi par des lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être.
Les peuples ainsi que les hommes ne sont dociles que dans leur jeunesse, ils deviennent incorrigibles en vieillissant.
S'il faut obéir par force on n'a pas besoin d'obéir par devoir.
Si la guerre ne donne point au vainqueur le droit de massacrer les peuples vaincus, ce droit qu'il n'a pas ne peut fonder celui de les asservir.
Il n'y a que la force de l'Etat qui fasse la liberté de ses membres.
L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Quoi qu'il en soit, on ne peut disconvenir qu'Adam. n'ait été souverain du monde, comme Robinson de son île, tant qu'il en fut le seul habitant, et ce qu'il y avait de commode dans cet empire était que le monarque, assuré sur son trône, n'avait à craindre ni rébellion, ni guerres, ni conspirateurs.
Souvenez-vous que les murs des villes ne se forment que du débris des maisons des champs.
L'Ile de Corse... J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette petite île étonnera l'Europe.
Aliéner, c'est donner ou vendre.
Tout peuple qui n'a, par sa position, que l'alternative entre le commerce ou la guerre, est faible en lui-même.
L'impulsion du seul appétit est esclavage, et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Les citoyens d'un même Etat, les habitants d'une même ville, ne sont point des anachorètes, ils ne sauraient vivre toujours seuls et séparés.
Au fond, l'argent n'est pas la richesse, il n'en est que le signe; ce n'est pas le signe qu'il faut multiplier, mais la chose représentée.
Il y a donc trois sortes d'aristocratie: naturelle, élective, héréditaire. La première ne convient qu'a des peuples simples; le troisième est le pire de tous les gouvernements. La deuxième est le meilleur; c'est l'aristocratie propement dite.
Cette admirable institution des patrons et des clients fut un chef-d'oeuvre de politique et d'humanité.
Une saine et forte constitution est la première chose qu'il faut rechercher; et l'on doit plus compter sur la vigueur qui naît d'un bon gouvernement que sur les ressources que fournit un grand territoire.
On conçoit comment les terres des particuliers réunies et contiguës deviennent le territoire public.