Œuvre

Du contrat social (1762)

Les chefs de familles délibéraient entre eux des affaires publiques.
Le tyran est celui qui s'ingère contre les lois à gouverner selon les lois; le despote est celui qui se met au-dessus des lois mêmes. Ainsi le tyran peut n'être pas despote, mais le despote est toujours tyran.
Il y a donc trois sortes d'aristocratie: naturelle, élective, héréditaire.
On n'a droit de faire mourir, même pour l'exemple, que celui qu'on ne peut conserver sans danger.
C'est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l'égalité, que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir.
La puissance exécutive ne peut appartenir à la généralité comme législatrice et souveraine.
L'obéissance au seul appétit est esclavage et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Chacun se donnant à tous ne se donne à personne.
Il y a donc trois sortes d'aristocratie : naturelle, élective, héréditaire. La première ne convient qu'à des peuples simples ; le troisième est le pire de tous les gouvernements. La deuxième est le meilleur ; c'est l'aristocratie proprement dite.
Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs.
Quiconque refusera d'obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie pas autre chose sinon qu'on le forcera à être libre.