La vérité dépouillée de toute espèce d'utilité même possible ne peut donc pas être une chose due, et par conséquent celui qui la tait ou la déguise ne ment point.
Auteur
Jean-Jacques Rousseau
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Faut-il s'étonner si j'aime la solitude? Je ne vois qu'animosité sur les visages des hommes, et la nature me rit toujours.
Pour moi, je dirais au contraire qu'il n'y a que les Français qui ne savent pas manger, puisqu'il faut un art si particulier pour leur rendre les mets mangeables.
J'ai souvent pensé que si l'on pouvait prolonger le bonheur de l'amour dans le mariage, on aurait le paradis sur la terre.
Me voilà dans la maturité de l'âge, dans toute la force de l'entendement. Déjà je touche au déclin.
Que je maudis mon incroyable bêtise, qui m'a si souvent donné l'air vil et coupable, quand je n'étais que sot et embarrassé!
Sans mentir! on ment donc quelquefois? Où en sera l'enfant si vous lui apprenez que le renard ne dit sans mentir que parce qu'il ment?
La métallurgie et l'agriculture furent les deux arts dont l'invention produisit cette grande révolution. Pour le poète, c'est l'or et l'argent; mais pour le philosophe, ce sont le fer et le blé qui ont civilisé les hommes et perdu le genre humain.
Le plus heureux est celui qui souffre le moins de peines; le plus misérable est celui qui sent le moins de plaisirs.
Dans l'extrême misère, on se trouve riche de peu. Un gueux qui trouve un écu est plus affecté que ne le serait un riche en trouvant une bourse d'or.
Mais si le progrès des sciences et des arts n'a rien ajouté à notre véritable félicité; s'il a corrompu nos moeurs et si la corruption des moeurs a porté atteinte à la pureté du goût.
Ce n'est que par le mouvement que nous apprenon qu'il y a des choses qui ne sont pas nous; et ce n'est que par notre propre mouvement que nous acquérons l'idée de l'étendue.
Ce petit nain, si disgracié dans son corps par la nature, en avait été dédommagé du côté de l'esprit: il l'avait naturellement agréable, et il avait pris soin de l'orner.
Je ne médite, je ne rêve jamais plus délicieusement que quand je m'oublie moi-même. Je sens des extases, des ravissements inexprimables à me fondre, pour ainsi dire, dans le système des êtres, à m'identifier avec la nature entière.
Tout homme a naturellement droit à tout ce qui lui est nécessaire; mais l'acte positif qui le rend propriétaire de quelque bien l'exclut de tout le reste. Sa part étant faite, il doit s'y borner, et n'a plus aucun droit à la communauté.
Tant que je vécus ignoré du public, je fus aimé de tous ceux qui me connurent, et je n'eus pas un seul ennemi. Mais sitôt que j'eus un nom, je n'eus plus d'amis.
Le sens de l'odorat est au goût ce que celui de la vue est au toucher; il le prévient, il l'avertit de la manière dont telle ou telle substance doit l'affecter, et dispose à la rechercher ou à la fuir, selon l'impression qu'on en reçoit d'avance.
C'est l'abus de nos facultés qui nous rend malheureux et méchants. Nos chagrins, nos soucis, nos peines, nous viennent de nous.
Tant que nous ignorons ce que nous devons faire, la sagesse consiste à rester dans l'inaction. C'est de toutes les maximes celle dont l'homme a le plus grand besoin, et celle qu'il sait le moins suivre.
Je n'entendis plus parler de lui ni de beaucoup d'autres. C'est à la coupelle de l'adversité que la plupart des amitiés; s'en vont en fumée: il reste peu d'or, mais il est pur.
L'adversité est sans doute un grand maître, mais ce maître se fait payer cher ses leçons et souvent le profit qu'on en retire ne vaut pas le prix qu'elles ont coûté.
La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse; la vieillesse est le temps de la pratiquer. L'expérience instruit toujours, je l'avoue; mais elle ne profite que pour l'espace qu'on a devant soi.
Comme si l'amour ne se trompait jamais sur les convenances, et que ceux qui commencent par aimer ne finissent jamais par se haÏr!
Pour aimer la vie paisible et domestique, il faut la connaître; il faut en avoir senti les douceurs dès son enfance. Ce n'est que dans la maison paternelle qu'on prend du goût pour sa propre maison.
Homme, ne cherche plus l'auteur du mal, cet auteur, c'est toi-même. Il n'existe point d'autre mal que celui que tu fais ou que tu souffres, et l'un et l'autre te vient de toi.
Œuvres de Jean-Jacques Rousseau
Considérations sur le gouvernement de Pologne (1770-1771)Correspondance, à M Le Prince de Beloselski , Paris, 27 mai 1775.Correspondance, à M. David Hume, 10 juillet 1766Correspondance, à M. MoultonCorrespondance, à M. Moulton (A propos de Voltaire)Correspondance, à M. PictetCorrespondance, à M. de MalesherbesCorrespondance, à M. de Malesherbes, 12 janvier 1762Correspondance, à Mgr l'Archevêque de ParisCorrespondance, à un jeune hommeDernière réponse, à M. Bordes (1752)DialogueDictionnaire de musique (1767)Discours contre les sciencesDiscours sur l'inégalité (1755)Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), IIDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), NotesDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), Seconde partieDiscours sur l'économie politique (1755)