L'amour d'un homme, ça s'oublie. Pour celui d'un enfant, comment faire ?
Restons-nous jusqu'au dernier souffle, comme certains le prétendent, l'enfant que nous avions été ?
Il n'y a pas que la vie qui fasse vieillir, les souvenirs s'y entendent encore mieux, quand la mémoire est impuissante à leur trouver un sens.
On ne possède jamais une femme. Un homme non plus. Il y a toujours un mystère, un désarroi.
Flagrant délit d'amour, flagrant délit d'espoir, rêve qu'un enfant puisse conjurer toute la violence du monde, son implacable dureté.
Elle fuyait le jour, il lui fallait la nuit. On aurait dit qu'elle avait décidé d'apprivoiser la solitude, le désert qui menaçait de gagner sa maison et sa vie.
Recommençons, comme avant, à nous mettre à l’écoute du ciel, des animaux, des nuages, des arbres, des insectes, des serpents, des fleurs, des plantes. Et puisque la vie et l’eau sont les seules vérités qui tiennent, occupons nous de la vie et de l’eau
Et pour une raison qui a échappé à tous : la haine, comme l'amour, se nourrit de paroles. Elle a besoin de mots, c'est sa faille, il faut qu'elle se raconte, nul ne peut se soustraire à cette loi, pas même les êtres les plus dissimulés.
Des malheurs qui jalonnent l'histoire des humains ont régulièrement surgi des êtres d'exception qui transformèrent de fond en comble l'existence de leurs contemporains et des générations futures.
Si tu n’imagines rien, ta vie reste comme elle est, immobile.
Pas besoin de s’inventer une vie antérieure pour se sentir si proches. Leur famille, c’était la tribu des humains.
C'est aussi ça, la Grande Sécheresse. L'aridité, partout. L'amour qui se tarit comme les puits.
Personne ne cherchait à revenir en arrière ni à réfléchir à l’enchainement des événements. On vivait dans l’instant. On avait oublié la tyrannie du temps et sa loi première : l’avenir du passé n’est jamais très sûr.
Vivre, c'est connaitre le vent. Même quand il est glacé, même quand il est brûlant. Le vent est comme nous, c'est un être vivant.
Si l'on n'a pas bu l'Eau du Passé, si l'on n'est pas allé se désaltérer aux récits des Vieilles Époques, on ne sait rien des hommes ni de la vie.
Malheur à qui, alors, est la proie de l'insomnie : ses pires démons se réveillent.
Écrire, c’est résister.
J'aime les traces. Oui, elles finissent par s'effacer. Mais pas toutes. Et la mémoire, lorsqu'elle triomphe de l'oubli, est féroce.
Hauts et bas, c'est la route ordinaire du deuil. Le survivant, pendant des semaines, ressuscite son mort comme il peut jusqu'à ce que la vie , à l'usure, gagne la partie et renvoie définitivement le défunt à sa tombe.
Et voilà que la vie, soudain, la vie têtue, la vie puissante, imprévisible, la vie qui, mine de rien, va et vient comme les marées, réclame sa place, recommence d'exiger son droit au plaisir, sa part de rêve.
Entre la fidélité et la liberté, y-a-t-il une conciliation possible ?
Le tissu de l'amour, c'est de la soie, il ne se laisse pas si facilement recoudre, il glisse entre les doigts, l'instant d'après, il n'est plus là.
Chaque humain, jusqu'à sa mort, garde en lui, un petit lac d'innocence ; c'est la vie qui le meurtrit et qui le pousse à blesser les autres humains.
Elle ignore encore que les histoires d'amour sont comme les êtres humains, quand on veut les assassiner : elles tiennes à la vie, elles résistent, elles se débattent.
Il en va ainsi des histoires d’amour : même lorsqu’elle sont finies, des riens – bouts de scène, mots en miettes, gestes saisis au vol – demeurent figés dans la mémoire des amants et ne meurent qu’avec eux .
Œuvres de Irène Frain