Et voilà que la vie, soudain, la vie têtue, la vie puissante, imprévisible, la vie qui, mine de rien, va et vient comme les marées, réclame sa place, recommence d'exiger son droit au plaisir, sa part de rêve.

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Quelle que soit son origine, le silence est une agression. Je dois y mettre fin.
Il en va ainsi des histoires d’amour : même lorsqu’elle sont finies, des riens – bouts de scène, mots en miettes, gestes saisis au vol – demeurent figés dans la mémoire des amants et ne meurent qu’avec eux .
Elle ignore encore que les histoires d'amour sont comme les êtres humains, quand on veut les assassiner : elles tiennes à la vie, elles résistent, elles se débattent.
Nous sommes égaux dans la mort mais nos morts ne sont pas égales. Il y a les belles morts, les fins qu'on a vues venir, qui ont pris leur temps. Et les mauvaises morts, les « males morts » ,comme on disait au Moyen âge : massacres, exécutions, disparitions subites, accidentelles, sanglantes, atroces ou énigmatiques, suicides, crimes.
Il n'y a pas que la vie qui fasse vieillir, les souvenirs s'y entendent encore mieux, quand la mémoire est impuissante à leur trouver un sens.
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Hauts et bas, c'est la route ordinaire du deuil. Le survivant, pendant des semaines, ressuscite son mort comme il peut jusqu'à ce que la vie , à l'usure, gagne la partie et renvoie définitivement le défunt à sa tombe.