Chaque humain, jusqu'à sa mort, garde en lui, un petit lac d'innocence ; c'est la vie qui le meurtrit et qui le pousse à blesser les autres humains.
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Nous sommes égaux dans la mort mais nos morts ne sont pas égales. Il y a les belles morts, les fins qu'on a vues venir, qui ont pris leur temps. Et les mauvaises morts, les « males morts » ,comme on disait au Moyen âge : massacres, exécutions, disparitions subites, accidentelles, sanglantes, atroces ou énigmatiques, suicides, crimes.
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À lire aussi de Irène Frain
Si l'on n'a pas bu l'Eau du Passé, si l'on n'est pas allé se désaltérer aux récits des Vieilles Époques, on ne sait rien des hommes ni de la vie.
Il n'y a pas que la vie qui fasse vieillir, les souvenirs s'y entendent encore mieux, quand la mémoire est impuissante à leur trouver un sens.
Elle fuyait le jour, il lui fallait la nuit. On aurait dit qu'elle avait décidé d'apprivoiser la solitude, le désert qui menaçait de gagner sa maison et sa vie.
Mais savoir n'est pas nécessairement un bienfait. On peut savoir et ne rien comprendre à ce qu'on sait. Seulement comment comprendre quand on ne sait rien ?
Dans la même œuvre
J'ai entrepris d'écrire ce livre quatorze mois après le meurtre, quand le silence m'est devenu insupportable.
Mais savoir n'est pas nécessairement un bienfait. On peut savoir et ne rien comprendre à ce qu'on sait. Seulement comment comprendre quand on ne sait rien ?
Les fantômes sont les émanations d'un monde infiniment plus riche et divers, notre imaginaire.
Je dois aux livres ma victoire contre le silence. Ce sont des passeports. Ils abattent les murs, les remparts, les frontières, toutes les barrières que les humains ont inventé pour s'ignorer, se déchirer.
Quelle que soit son origine, le silence est une agression. Je dois y mettre fin.