Il n'y a pas que la vie qui fasse vieillir, les souvenirs s'y entendent encore mieux, quand la mémoire est impuissante à leur trouver un sens.

À lire aussi de Irène Frain

Quelle que soit son origine, le silence est une agression. Je dois y mettre fin.
Restons-nous jusqu'au dernier souffle, comme certains le prétendent, l'enfant que nous avions été ?
Nous sommes égaux dans la mort mais nos morts ne sont pas égales. Il y a les belles morts, les fins qu'on a vues venir, qui ont pris leur temps. Et les mauvaises morts, les « males morts » ,comme on disait au Moyen âge : massacres, exécutions, disparitions subites, accidentelles, sanglantes, atroces ou énigmatiques, suicides, crimes.
Il en va ainsi des histoires d’amour : même lorsqu’elle sont finies, des riens – bouts de scène, mots en miettes, gestes saisis au vol – demeurent figés dans la mémoire des amants et ne meurent qu’avec eux .
Les fantômes sont les émanations d'un monde infiniment plus riche et divers, notre imaginaire.
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L'amour d'un homme, ça s'oublie. Pour celui d'un enfant, comment faire ?
Restons-nous jusqu'au dernier souffle, comme certains le prétendent, l'enfant que nous avions été ?
On ne possède jamais une femme. Un homme non plus. Il y a toujours un mystère, un désarroi.
Flagrant délit d'amour, flagrant délit d'espoir, rêve qu'un enfant puisse conjurer toute la violence du monde, son implacable dureté.
Elle fuyait le jour, il lui fallait la nuit. On aurait dit qu'elle avait décidé d'apprivoiser la solitude, le désert qui menaçait de gagner sa maison et sa vie.